• CROQUEURS DE MOTS : Défi 235

    CROQUEURS DE MOTS DEFI N° 235

    MES  ANTIDOTES
    ( Dominique )   

    POUR UNE EVENTUELLE PROPOSITION DE DEFI 

     Une Œuvre de Jaume  Plensa

    POUR UNE EVENTUELLE PROPOSITION DE DEFI

     " IMPROBABLE   DIALOGUE "

    Sur ce thème  je vous proposais 

    Première possibilité

    * Faire dialoguer deux personnages connus réels ou fictifs
    Mais n'ayant pas vécu à la même Époque.
    OU
    * Faire dialoguer un personnage fictif ( Humain  ou  Animal )
    Avec son  Créateur

    ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

    Seconde possibilité   

    Écrire une  UCHRONIE 

    Une « Uchronie » étant un récit imaginaire, qui a pour point de départ un Événement Historique dont on modifie à sa convenance et selon son imagination, l'évolution et l’issue.

         

    J'ai Opté pour 

    UNE  UCHRONIE  

                             

    CROQUEURS DE MOTS : Défi 235

    Luigi Pirandello : Votre Majesté bien que nous ne vécûmes pas dans le même siècle et que nous fûmes depuis des lustres, tous deux  partis "ad patres" *, des "ouï-dire", qui circulèrent dans ma famille de génération en génération, pour parvenir jusqu'à moi, voudraient que vous ne vous fûtes pas fait occire, le 14 mai de l'an de grâce 1610 rue de la Ferronnerie, par François Ravaillac ; comme prétendu. Il semblerait que sur les ordres de votre prévôt et cela à votre insu ; quelqu'un, auquel on eut fait miroiter maints avantages et  que l'on eût pris soin de grimer à votre image,  prit alors votre place et qu'il ait  donc péri  sous les coups portés au travers de la fenêtre de votre carrosse. Pourriez-vous Sire, cela ne pouvant plus tirer à conséquence, m'en dire davantage à ce sujet ?  

    HENRI IV : Monsieur, je ne saurais dire pourquoi, mais votre visage ne m'est point inconnu. Nous serions nous déjà croisés Vous et Moi ?

    Luigi Pirandello : Croisés ! Cela est fort probable, mais uniquement dans l'une des diverses acceptions de ce terme Sire, mais jamais de visu.  Cependant, je me rends compte que j'ai failli à la plus élémentaire bienséance en ne me présentant pas à Vous et  je vous prie de m'en excuser. Je me nomme, ou plutôt me nommait, lorsque je vivais encore en " Le bas monde" : Luigi Pirandello. Dramaturge italien, prix Nobel de littérature, auteur et notamment, d'une pièce que j'écrivis en 1921 et à laquelle je donnai comme titre : Henri IV.* Sire tout en parlant, je vous observe et vous me paraissez songeur ! Se pourrait-il, que j'aie éveillé chez vous une quelconque curiosité ?

    HENRI IV : Pourriez-vous me faire part Monsieur Pirandello, de cette hypothèse que vos ascendants avaient fondée à mon endroit et qui s’est propagée jusqu'à vous ?

    Luigi Pirandello : Certes Sire, certes !  Il fut de tous temps prétendu, que la souche de notre famille était :  Votre Majesté !

    HENRI IV : Vous présumez donc, être l'un de mes descendants ? Je dois vous avouer que cela n'est pas impossible. Je ne sais comment votre parentèle est arrivée à cette conclusion, mais il est exact que je n'ai point perdu la vie ce jour de mai 1610, comme la grande Histoire le prétend. Au matin de ce funeste jour, où un homme innocent devait prendre ma place et, dont j’ignorais tout de la machination parbleu ! Il me fut interdit par mon Grand Prévôt : Joachim de Bellengreville,* en raison d'un rêve que d’aucuns prétendirent prémonitoire, de me rendre comme cela était prévu, à l’Arsenal, afin de m'entretenir avec le Duc de Sully, qu'une mauvaise grippe obligeait à garder le lit. Après mon prétendu assassinat, alors que mon bon peuple et mes proches pleurait ma mort, afin de corroborer mon trépas, on exigea de moi, que je fuie mon royaume en catimini, pour aller vers une destination dont on me laissa tout de même le choix ; mais avec pour seuls titre et nom, ceux de "Comte de Ravaner", l'anagramme de Navarre et cela pour y commencer une nouvelle vie. Mon choix se fixa sur l’île de Sicile et plus précisément dans la ville d'Agrigente, où vivait alors la dernière de mes soixante-dix-huit maîtresses: Charlotte de Montmorency*, princesse de Condé pour laquelle j’avais quelques mois auparavant, afin de pouvoir l'épouser, projeté de répudier Marie de Médicis. Charlotte avait à peine seize ans, elle était belle comme le jour. Je vécus là-bas auprès d’elle, un bonheur sans égal et, pour ma plus grande joie, moi qui déjà étais père de quatorze enfants, je le fus de nouveau, deux années plus tard alors que j’avais déjà atteint l’âge de cinquante-huit ans. En effet, Charlotte me donna deux fillettes Jeanne et Louise, prénoms de nos respectives mères. Des jumelles qui complétèrent mon bonheur. Je présume donc, que par cette filiation insulaire, vous fûtes l’un de mes descendants ?

    Luigi Pirandello : J'ose sincèrement le croire Sire !  Voilà pourquoi, lorsque vous avez pensé que nous nous étions peut-être croisés car mon visage ne vous était pas inconnu, j’ ai précisé dans une seule acception du terme. Je  parlais évidemment du croisement de nos gênes, par lesquels sont transmis les caractères héréditaires de l’individu, mais également la ressemblance. Mon visage ressemblant au votre, vous pensiez m’avoir déjà rencontré. Oserais-je, avant que nous nous quittions, vous demander Sire, en quelle année vous avez réellement quitté "le Bas monde" ? 

    HENRI IV : Osez ! Osez mon Ami ! Je l’ai quitté d’une façon tout à fait naturelle, à l’âge canonique de quatre-vingt-dix-sept-ans et ce, dans le mois de décembre de l’an de grâce 1650 quelques jours seulement,après avoir subi la perte cruelle de celle avec laquelle je vécus, quarante années d’un bonheur sans nuage et qui fut mon dernier grand amour. 

     

     © Dominique

     

    * ad patres : Partir chez ses ancêtre, dans l'Autre Monde.

    * Luigi Pirandello écrivit bien cette pièce Henri IV en 1921, mais celle-ci, fait référence à  Henri  IV du Saint Empire (1084-1105)

    * Joachim de Bellengreville, Grand Prévot de l'Hôtel du Roy chargé de la sécurité et de la police de la cour sous Henri IV.

    * Charlotte de Montmorency, princesse de Condé fut en effet le dernier grand amour  d'Henri IV (cependant platonique) qui avait 41 ans de plus qu'elle. Elle décéda réellement le 2 décembre 1650.

     

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  • Commentaires

    1
    Lundi 13 Avril à 02:10

    Fort joliment raconté... si je "connais" Henri IV, je découvre l'autre personnage Pirandello...  merci à toi, bon lundi Croqueurs, jill

      • Lundi 13 Avril à 08:39

        Bonjour Jill,

        Eh bien je suis ravie alors, de t'avoir fait découvrir Luigi Pirandello !yes

        Bon Lundi de Pâques  également Jill 

        Bises

        Dominique

    2
    Lundi 13 Avril à 07:51

    Une sacrée page d'histoire bien narrée 

    Intéressante cette proposition 

    Bon lundi , sera-t-il au soleil dans nos coeurs 

    Lundi 13 avril 2020

      • Lundi 13 Avril à 08:54

        Bonjour Golondrina,

        Je te remercie  de ta visite et de ton commentaire  !

        Belle semaine

        Dominique

    3
    Lundi 13 Avril à 10:10

    Une très belle façon de réécrire l'Histoire, les mystères sont toujours chargés de jolies histoires.

      • Lundi 13 Avril à 11:17

         

        Bonjour Annick,

         

        Merci d'avoir trouvé cette Uchronie  à ton goût c'est gentil !

         

        Parfois l'on se prend à songer, que si certains hommes politiques d'alors, avaient menti sur les faits, comme mentent ceux d'aujourd'hui, cela changerait fondamentalement des pans de l'Histoire de France.

         

        Belle semaine

         

        Dominique

    4
    Lundi 13 Avril à 10:12

    Une belle histoire et une belle rencontre. Refaire la grande Histoire , c'est un beau rêve  que tu as parfaitement développé ici. J'avais été tellement désolée que ce bon roi soit assassiné, lorsque je l'appris à l'école primaire ! Il faut dire que notre institutrice  nous l'avait décrit sous un jour très favorable et je n'ai jamais oublié l'année de son décès! Bise et bon lundi de Pâques

      • Lundi 13 Avril à 11:26

        Bonjour Fanfan, 

        Je te remercie pour ce joli compliment. J'ai comme toi toujours éprouvé beaucoup de sympathie pour Henri IV, duquel enfant j'avais vu au château de Pau, la carapace de tortue qui lui servit de berceau. Il était coureur de jupon comme chacun le sait, mais également un Bon Papa , comme certains l'ignorent. J'éprouve la même sympathie pour Marie-Antoinette et Louis XVI, que l'on accusa de tous les maux et qui? comparés à certains étaient "Des enfants de cœurs".

        Bises et beau Lundi de Pâques également

        Dominique

         

    5
    Lundi 13 Avril à 11:17

    J'aime beaucoup ton uchronie , une belle façon de lier ces deux personnages célèbres et de nous replonger aussi dans l'Histoire .

    Bon lundi 

    Bises 

      • Lundi 13 Avril à 13:29

        Bonjour Gisèle,

        Merci beaucoup ! Compliment pour compliment, je t'avoue avoir beaucoup aimé le dialogue que tu as  su instauré entre l'écrivain de romans policiers et son héroïne.

        Merci de ta participation à ce défi, hautement relevé.

        Belle fin de Lundi de Pâques. Bises

        Dominique

    6
    Lundi 13 Avril à 14:21

    C'est excellent Dominique, je viens de passer un excellent moment à te lire. Merci.

    Bises et bon début de semaine

      • Lundi 13 Avril à 16:07

        Bonsoir Zaza,

        Je suis ravie si cela a su te plaire ! C'est moi qui te remercie .

        Belle fin de journée et belle semaine

        Mes amitiés

        Dominique

    7
    Lundi 13 Avril à 16:51
    colettedc

    Mille et un bravos + quelques-uns, Domique ! Vraiment superbe, ton uchronie !!!

    Excellente page d'histoire qui nous (me révèle) des secrets cachés ! J'apprécie !!!

    Bon après-midi de ce lundi de Pâques,

    Bisous♥

      • Lundi 13 Avril à 17:38

        Bonsoir Colette, 

        Si tu  as pu apprendre quelque chose que tu ne savais pas  encore, alors j'en suis ravie, car l'Histoire avec un grand "H"doit être perpétuée et, je te remercie d'avoir aimer l' uchronie.

        Bises et belle fin de journée

        Dominique

    8
    Lundi 13 Avril à 17:29

    quelle imagination ! et un texte très plaisant à lire. Bon après midi

      • Lundi 13 Avril à 18:03

        Bonsoir Durgalola,

        Merci beaucoup d'avoir apprécié cette Uchronie !

        Belle fin de soirée

        Amicalement

        Dominique

    9
    M'moiselle Jeanne
    Lundi 13 Avril à 17:51
    M'moiselle Jeanne

     

     
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    Quelle belle réussite !
    Défit  magnifiquement relevé.. alors que ce ne devait pas être chose facile !
    J'ai vraiment adoré ! 
    Vous connaissiez l'histoire dans l'histoire mais il vous a du falloir fouiller malgré tout !
    Étant fan de généalogie je suis doublement charmée !
    Merci d'être venue lire la page de mon blog...et mon témoignage de Pâques 2020.
    Bonne soirée.. Prenez soin de vous !

      • Lundi 13 Avril à 18:19

        Bonsoir Jeanne,

        Henri IV étant un Roi qui fut près de son peuple, il a toujours eu ma sympathie. Serait-ce à cause de cela que, bien qu'aimant beaucoup l'Histoire de France, je me m sois davantage intéressée à sa vie qu'à  celle des autres monarques, c'est bien possible. Mais de Marguerite de Valois (la Reine Margot)  sa première épouse, en passant par Gabrielle d'Estrées, l'une de ses favorites "favorite" si j'ose dire, jusqu'à Marie de Médicis qui fut sa veuve,sa vie m'a passionnée.

        Merci d'avoir apprécié cette uchronie !

        Belle fin de soirée à Vous aussi et prenez également soin de Vous.

        Je vous embrasse

        Dominique

    10
    Anne
    Mardi 14 Avril à 17:18

    La petite histoire nous rend l‘Histoire encore plus fantastique et attrayante. Me voilà captivée par ce roi qui aurait échappé à son assassinat et qui aurait eu soixante dix-huit maîtresses. Qui à part lui aurait pu tenir ce compte? En tout cas cette uchronie est très réussie. Merci Dominique.

    11
    Mercredi 15 Avril à 07:04

    Bonjour Anne,

    Qu'il ait échappé à l'assassinat là évidemment, est l'uchronie  mais qu'il ait eu soixante- dix- huit maitresses et  quatorze enfants ce n'est pas moi qui le dit c'est bien la Grande Histoire. Il ne fut pas appelé le Vert Galant sans raison !  smile

    Merci d'avoir aimé ce détournement de l'Histoire de France.

    Belle journée

    Dominique

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