Mes moyens d'expression sont: L'écriture, la poésie, le dessin, la peinture et la création sous ses diverses formes.
IMPROBABLE RENCONTRE
Denis DIDEROT et un jeune ado
L’on ne sait, par quelle facétie du Temps, Denis DIDEROT bascula un jour dans notre dimension temporelle et notre espace-temps. Dire que ce qu’il vit le surpris, ne serait qu’un doux euphémisme ; il fut épouvanté, hagard, sidéré. Il faut dire que sa réaction fut des plus justifiées car, passer du XVIIIe au XXI e siècle en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, a de quoi bouleverser un être ; mais de plus, lorsque on croise un adolescent coiffé d’une crête Iroquoise verte et jaune, dont les bras sont couverts de tatouages tribaux, portant Slim troué aux genoux et Boots montantes jaunes canaris; on peut, cela est évident se poser des questions sur l’état de sa santé mentale. Malgré ce, notre philosophe après avoir repris ses esprits osa l’interpeller :
- Pardon Jeune homme, pouvez -vous je vous prie, me dire à quelle époque nous sommes ?
- Eh en hiver M’sieur voyez pas la neige qui tombe ?
- Je constate jeune homme, en effet je constate ! Mais voulais-je dire, en quelle année sommes-nous ?
- Ah là M’sieur, vu votre déguisement et le fait que vous êtes dans un brouillard total, vous avez dû faire une sacrée teuf hier soir non ?
- Mais qu’est -ce donc que ce vocable : Teuf ? Jamais je ne l’ai ouï jusqu’ alors, quant à ma mise Monsieur, sachez que je ne suis point déguisé comme vous le prétendez. Ma mise fut taillée par Mr Lepro , maître Tailleur de son état. Savez-vous, j’arrive tout droit du siècle des Lumières ?
- Ah oui, je vois, vous arrivez des Champs (Elysée) quoi ? S'ils sont illuminés comme ça ,c’est surtout pour les fêtes de Noël. Y a des lumières dans toutes les villes et villages à c' tte époque . Si vous appelez ça, l’ siècle des lumières, vous n’avez rien vu alors !
- J’avoue ne pas comprendre ! Il m’eut plu de penser que vous me reconnaîtriez, mais, ma popularité semble-t-il, n’a pas dû résister au temps qui est passé. Permettez donc alors que je me présente. Je suis Denis Diderot !
- Denis dit deux rots ? Mais pourquoi un tel surnom ? C’est à cause que vous ro ...Enfin ,que vous avez une mauvaise digestion peut être ?
- Non ! Cela ne vient point d’une éructation répétée. DIDEROT, Jeune homme est bien mon patronyme et, je n’aurais point cru vous paraître anonyme. Vous avez je présume entendu parler de l’Encyclopédie ?
- Ah c’est vous qui à l’an… Je ne sais plus quand, avez inventé les clopes en paquet de six ? Mais comment vous savez que je m’appelle Eddy ?
- Je suis troublé par votre méconnaissance savez-vous ? Mais vous connaissez peut-être, « La Religieuse »
- Si je connais la Religieuse ? Mais je pense bien !
- Ah la bonne heure ! Et avez-vous aimé cela ?
- Aimer c’est peu d'le dire, je l’ai dévorée d’un trait oui !
- Que vous ayez trouvé « La Religieuse » à ce point à votre goût, me ravi et me flatte Jeune homme, je vous en sais gré et vous remercie !
- Merci ? Mais pourquoi c’est vous qui l’aviez faite ?
- Faite, n’est certainement pas le vocable que j’aurais employé mais enfin … L’on peut le dire ainsi !
- Si je l’ai trouvée à mon goût ? Ah pour sûr alors ! Surtout la Religieuse au chocolat ! Je la préfère vous voyez, à celle au café, bien que je l’aime beaucoup aussi. Dès que je passe devant une pâtisserie je m’arrête pour en acheter deux ou trois.
(Diderot Interloqué) - Je présume que, pas plus que vous n’ayez eu connaissance de mes œuvres et de ma personne, vous n’avez dû, je le présume entendre parler de d’Alembert , de Voltaire ou de Rousseau ?
- DALEM Bert ...? Non connais-pas ! Voltaire oui par contre. Ma grand-mère à un fauteuil chez elle , qu’elle appelle comme ça ! Quant à ROUSSEAU ; j’en connais deux : Carole et Stéphane l'humoriste. C’est lequel des deux ?
- Mon garçon, je crains qu'il ne s'agisse ni de l'une , ni de l'autre. Je veux parler de Jean-Jacques Rousseau et, croyez- moi, il n’a rien d’un humoriste comme vous dites !
- Ah ben moi, le seul Jean-Jacques que je connaisse, c’est Goldman. C’est pas l’même du tout !
- N’avez-vous donc jamais entendu parler de « Julie ou la nouvelle Héloïse » ou bien des « Confessions » de D'Alembert ?
- Julie oui pour sûr, c’est la sœur d’un de mes potes, mais pour la nouvelle Héloïse jamais! Déjà que j'connais pas l’ancienne … Quant aux confessions, j’suis pas une balance moi, ce que me disent les copains, j’le garde pour moi. Et je vous répète en plus, que ce Bert DALEM j' le connais pas !
Dubitatif mais surtout dépité de constater que si le XVIIIe siècle était celui des Lumières, le vingt et unième lui, était indubitablement pour certains, tombé dans les ténèbres de l’obscurantisme, de l’inculture.
Fort de cette conviction, Diderot poursuivit son chemin dans l’espérance de réintégrer au plus vite son époque.
© Dominique