• BANKSY

     Les " Glaneuses " de MILLET revues par BANKSY (2008)

     

    - Désolée Messieurs, Dames que ce tableau d' Millet ne vous soit révélé en intégralité. Vous devez être déçus du moins je le suppose, mais  sauf votre respect je m'octroie une pause. En principe c'est la nuit, je ne vous apprends rien, quand les musées se vident, quand les spots sont éteints; que tous les personnages sur les tableaux figés, s'extirpent de leur toile où ils s'ankylosaient dans  des poses engendrant des crampes  délétères  et tentent de recouvrer leur souplesse musculaire. Je vous prie de me croire ce n'est pas sinécure, que de rester des heures dans la même posture surtout dans notre cas les reins ainsi brisés à glaner les épis que d'autres ont moissonnés. Je n'ai pas eu la force que d'attendre minuit pour  m'échapper un peu de mon cadre de vie, j'avais bien trop envie de griller une cibiche et pour un court instant ne plus jouer les potiches. Mes compagnes me disent que j'ai bien du culot et que durant ce temps elles font tout l'boulot. Assise sur le châssis  du coin de l'œil je guette qu'un gardien ne me voit fumer ma cigarette. J'ai bien évidemment quelque petits scrupules de rester dans mon coin tandis qu'elles manipulent de plus je les entends elles récriminent, disant que j' me repose et qu'elles courbent l'échine. Ne voulant pas tomber auprès d'elles en disgrâce, je vais jeter l' mégot et regagner ma place.

     

     © Dominique


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    PORTRAIT 

     

    DORA MAAR au CHAT 

     

    ""Dora Maar au chat"
     Par Pablo Picasso 1941 

     

    J’ai l’air d’en avoir point, tant les coins les recoins qui forment mon visage
    Paraissent avoir été, coupés puis recollés, confondus au montage
    Le reste à l’avenant : Sont-ce mes mains, des gants ? L’on ne sait davantage
    Dans cette composition, il n’est que le chaton qui tire un avantage
    Encore faut-il le voir, si petit et si noir sur le dossier du siège
    Il a la queue dressée, les oreilles bien placées c’est là un privilège
    Il n’est pas comme moi dont les oreilles ma foi,manquent un rien d’esthétique  
    Sous mes yeux sont placées, ou bien est-ce mon nez tant  c'est asymétrique
    Est-ce que mon visage est de face de profil, l’on ne saurait le dire
    Pourtant quand je posais, bien droit je regardais nul ne peut contredire
    Il n’est que mon chapeau, j’avais mis le plus beau qui n’ait pas trop souffert
    Encore qu’en s’approchant, on discerne pourtant, qu’il est semi-ouvert
    On dit que l’être aimé est idéalisé, magnifié, embelli
    Lorsqu’ainsi je me vis, j’étouffais un grand cri et mon être frémit 
    J’aurais dû je le sais, y être habituée de par tous les portraits
    Qu’il a pu faire de moi durant ces années-là… Hélas, je ne pus y arriver
    Alors que nous vivions une folle passion, souvent je me questionne
    Si à ses yeux je fus, de la sorte perçue, j’étais donc laideronne ?
    Dans cette décennie où nous vécûmes unis lui le Peintre moi sa muse
    Cette peinture qu’il fit, comme on lance un défi fut pour moi trop abstruse  Donc,quatre années plus tard je l’avoue j’en eut marre, j’ai largué les amarres
    Ce portrait à mes yeux, qui parut si hideux à en faire des cauchemars  
    Se vendit Chez Sotheby’s  en l'an deux mille six: Cent un million de dollars ! 


                                                          © Dominique


    PS: " Dora Maar au chat" est un tableau de Pablo Picasso réalisé en 1941 au plus fort de la relation entre Picasso et sa muse Dora Maar, relation qui dura qde 1935 à 1945. Ce grand portrait est considéré comme une des œuvres magistrales du peintre et fut vendu aux enchères en 2006 chez "Sotheby’s " 101,8 millions de dollars.

     


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            UNE VISITE AU LOUVRE         

     En cette année du 500 ème Anniversaire de la mort de

     LEONARD DE VINCI 

    (1452-1519) 

    DEFI 125 : Une Visite au LOUVRE

    J'avais arpenté le Louvre durant trois bonnes heures, allant de niveau en niveau, d'aile en aile,  jusqu'à celle de Richelieu. Ah pour un riche lieu, le musée du Louvre certes l'était indéniablement. Malgré les signes de désapprobation qu' exprimèrent  à ce moment là mes pieds, je ne pus me résoudre à quitter le Louvre, sans revoir "La Joconde". A cette heure proche de la fermeture, je l'eus, si je puis dire, tout à moi. Je m'asseyais sur une petite banquette prévue à cet effet, reposant mes douloureux ripatons et j'observais cette œuvre de Léonard De Vinci, que tout un chacun, s'il ne l'a jamais vue, à tendance à croire plus grande qu'elle n'est en réalité. C'est alors que je crus entendre une interjection qui m'était adressée. Je regardais autour de moi, mais il n'y avait personne. Pourtant je perçus encore cet impérieux: Hé !  A ma grande stupéfaction, je m'aperçus alors que celui-ci émanait de Mona Lisa herself. Jugeant de mon étonnement, elle me fit un clin d'œil en levant un bras en signe de salut. Médusée, je m'approchais  lentement du tableau et la "Gioconda" me dit alors:

     

    - Mi  scusio vi ho fatto paura ? 
     (Je m'excuse, je vous ai fait peur ? )

     

    -Si,Si, molto ! Ma parlatemi piuttosto in francese, volete ? 
     (Oui, oui, beaucoup ! Mais parlez-moi plutôt en français, voulez-vous ? )
     
    -Sono desolata  mi credo sempre a Firenze !   
    (Je suis désolée, je me crois toujours à Florence !)

     

    -Dites-moi ! En quelle année sommes-nous ? Je sais seulement que je suis accrochée là depuis le XVIII è siècle, nonobstant mes nombreux voyages à travers le monde et, je vous avoue que je languis de ma Toscane natale.  

     

    - Nous sommes en 2019 Madame  Gherardini*  !  

     

     - Oh merci de m'appeler par mon patronyme cela fait si longtemps que personne ne l'a fait, mais appelez-moi Lisa, je vous en prie. Je vous avoue ne plus supporter cette foule qui me dévisage sans discontinuer et qui émet des appréciations plus ou moins désobligeantes  à mon endroit. Jusqu'à dire le croiriez-vous ? Que j'étais un homme. Si, Si è vero ! Pardon oui,oui, c'est vrai !

     

     - Eh bien Lisa vous m'en voyez navrée et croyez bien que si je pouvais vous aider de quelque façon que ce soit, se serait avec grand plaisir. Cependant que  pourrais-je faire ?

     

    -Toutes sortes d'individus viennent me voir de l'esthète au simple badaud et dernièrement, j'ai entendu l'un d'entre eux parler d'un certain Léonardo di Caprio. Vous n'êtes pas sans savoir que mon Léonardo était originaire de Vinci, d'où le nom qu'il prit et qui le rendit tellement célèbre et, comme Léonardo savait tout faire et que son imagination était sans limite, je me suis dit que peut être...il avait trouvé le moyen de traverser les siècles et qu'il vivait à votre époque à Capri d'où son nouveau nom  Di Caprio ! Connaissait-vous ce Léonardo Di Caprio ?

     

    - Oui et non Lisa ! Comment vous dire... ? Cela est difficile à expliquer. Léonardo di Caprio est assez célèbre il est vrai, mais certainement pas autant que le vôtre je peux vous l'assurer et, croyez bien, que sa notoriété ne traversera aucunement les siècles. Du reste pour l'anecdote, son prénom lui fut donné en hommage à vôtre Léonardo. Vous devez-être flattée ?

     

    - Flattée ? Pas le moins du monde ! Déçue oui,terriblement déçue. Imaginez ; j'éspérais que ce Di Caprio  était  Da Vinci vivant encore  et je pensais alors, pouvoir vous le faire contacter afin qu'il puisse venir un soir incognito, m'effacer de ce support de bois en peignant une autre œuvre à ma place. J' aurai pu ainsi me fondre, c'est bien le mot n'est-ce pas ? Et quitter à jamais cette prison dorée et voila que j'apprends qu'il n'en est rien !  

     

    - Je comprends votre déception Lisa, mais peut-être que Léonardo Da Vinci n'a pas livré tous ses secrets, et qu'avec le temps, les pigments qui vous composent s'effaceront d'eux - mêmes et en attendant, si je peux me permettre, réjouissez-vous d'une telle célébrité, si vous saviez ce que seraient prêtes à faire certaines personnes en ce siècle  pour avoir ne fut-ce qu'un quart d'heure de celle-ci.

     

    Qu'aurais-je pu lui dire d'autre? Elle me remercia et ses lèvres esquissèrent de nouveau, ce sourire que d'aucuns qualifient d'énigmatique et qui n'était, je le compris alors, que désenchanté.

     

     

     

    © Dominique

     

     

    * Lisa  Gherardini (dite: Mona Lisa ) serait le véritable nom de l'épouse de Frescesco del Giocondo.


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    INSPIRATION PAR L'IMAGE

    Clémentine, une de mes voisines me conseilla, la perfide, quelques soins de beauté. Moi, bonne pomme, trouvant également que ma peau n’était plus aussi lisse qu’elle l’était alors, je consentis à suivre ses conseils. Il me fut alors injecté les acides organiques, minéraux et autres oligo-éléments tel que potassium, phosphore, zinc, manganèse magnésium, pectine qui soi-disant disparaissaient à la vitesse grand "V" de ma constitution. J’étais mi- figue mi-raisin, mais ne ramenais pas ma fraise en dépit du résultat !

    Mes jolis yeux vairons, l’un noir olive, l’autre marron  étaient quasiment fermés par une hypertrophie des pommettes, (mais pouvait-on encore les nommer ainsi ) puis le bouche à oreille me fit passer pour une poire; car j’avais été pressée comme un citron. Je n’ai jamais eu le melon je l'assure, mais avouez  qu’avant d’avoir tous ces pépins, je faisais tout de même partie du «  dessus du panier ».  Jugez en par vous-même !  

    INSPIRATION PAR L'IMAGE

    Tête Réversible avec Panier de Fruits ( 1590)
    Œuvre de Giuseppe Arcimboldo 

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/81/Giuseppe_Arcimboldo_-_Self_Portrait_-_Google_Art_Project.jpg/330px-Giuseppe_Arcimboldo_-_Self_Portrait_-_Google_Art_Project.jpg

     Giuseppe Arcimboldo (1527-1593)

     

     

     

     © Dominique

     


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  •  INSPIRATION PAR L' IMAGE

    " L'ARBRE A CHATS "

    lL'ARBRE  A  CHATS

    A  LA MANIERE DES  VAMPS  

    (Gisèle et Lucienne ) 

    L'ARBRE  A  CHATS

    Gisèle étant aussi dominatrice et goguenarde
    Que Lucienne est effacée et naïve  

    Cela pourrait donner ceci :

     

    Lucienne 

    -  Ho l'bel arbre! Dites voir, c'est quoi donc qu'y a d'ssus? J'vois pas très bien de loin, chui myope !                         

    Gisèle      

      - Cà ? C'est des chats teignes !

    L     - Ah bon ? Chavais pas, que vous aviez un châtaignier dans vot' jardin  !

    G    - V' pouviez pas savoir puisque j'en ai pas !

    - Mais alors d'où viennent ces grosses châtaignes ? J'distingue pas bien, mais j'peux tout d'même voir qu'elles sont grosses et même qu'en a une marron, qu'est plus grosse encore. Chui myope mais pas Dalmatienne ah ben non alors ! 

    G  - C'est dommage, vous auriez pu avoir v'tre chance avec un berger Allemand ! Haaa...haaa.   Pour l'arbre, j'ai dit des chats teignes, pas des châtaignes.Vous des fois alors ! Des chats hargneux si vous préférez. Y- s - ont tous grimpé dans l'arbre et impossible d' les faire descendre. Quand je m'approche, ils  feulent ! 

    - Et qu'est-ce qu'ils veulent ?

    G  - Ben kèke j'en sais moi d'ce qu'ils veulent. J' parle pas chat ! "Pacha" hiiii... hiiii... Non ? Bof... !  P't-être bien, qu'ils veulent que j' joue avec eux à chats perchés hein ?  Pfft...

    L  - A votre âge vous croyez  dites ?  C'est la première fois qu'vous les voyez en hiver, ces chats-ci ?

    G  - Mais quels châssis ? Ah oui... Les chats là ? Ben voui c'est la première fois ! C'tte question.

    L  - Non, parce qu' y paraîtrait, à c'qui parait, d'après Mam Jensen; que les arbres au printemps, eh ben :  Y-s-ont des chatons ! Voui voui voui ! Alors je m'disais que c'est p'têt normal que les chatons du printemps, deviennent des chats en hiver. Ben voui  !

    G   - Dites-donc pas d' bêtises ! C'est pas les mêmes chatons ceux de Mam Jensen !

    L    - Ha bon ? Vous les connaissez vous, les chatons de Mam Jensen ?  

    G  - Évidemment que j' les connais, c'est des bourgeons ! Comment j'vais m'débarrasser d'ces matous là, moi ?  Ils font un de ces chahuts.

    L  - C'est p'tête  bien des chats-huants alors !

    G  - Ben voyons, hi hi... !  Sacrée Lucienne Va !

    L  - Mais dites Gisèle ! Vous croyez vous, que ce sont tous des chats frères ?

    G  - Non pensez donc ! Bien sûr que non. Y a aussi des chats sœurs ! Hi hi...  Et en parlant de chasseurs  tiens .... !

    L  - Ho non dites !  Vous f'riez pas ça ?

    G  - Voyez-donc pas que j' plaisante hein ?

    L  - J'ai bien une p'tite idée r'marquez, mais chui pas sûre qu'elle vous plaise  !

    G  - Dites toujours !

    L  - Coupez l'arbre !  Plus d'arbre, plus d' chats !

    G  - Dites ! Vous en avez beaucoup des idées com'ça vous hein ? Eh ben ! Vous gagneriez pas au concours Lapine, c'est moi qui  vous l'dis  !

     

     © Dominique


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