• L'ASSOMPTION 
     
    ASSOMPTION DE LA STE VIERGE par Nicolas POUSSIN relief
      L'Assomption de la  Vierge par Nicolas Poussin

     

     

    Ô Vierge Marie !
    Vous qui fûtes choisie
    Pour porter et enfanter le « Verbe »
    Vous qui avez subi
    Sur le mont Golgotha
    La souffrance suprême
    Assistant à l’infâme
    L’ignominieuse crucifixion du fils de Dieu
    De votre fils bien aimé Jésus Notre Seigneur
    Vous qui L’avez recueilli dans vos bras
    A la descente de la croix
    Qui avez ôté de Son visage, de Sa bouche
    De Ses cheveux, le sang qui s’y était répandu
    Vous qui avez oint d’onguents toutes Ses plaies
    Avant Sa mise au tombeau
    Vous Ô Très Sainte Mère
    Qui avez dû supporter l’insupportable
    Voilà que dans Votre dormition
    Des anges sont venus vous enlever
    Vous élever, afin de vous déposer
    Sur votre Céleste trône où Vous régnez
    Dans la maison du Père auprès de Jésus
    Pour l’éternité.
     

     

    © Dominique

     

     


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    IMPROBABLE   RENCONTRE

    Entre

    Denis DIDEROT et un jeune ado

    L’on ne sait, par quelle facétie du Temps, Denis DIDEROT bascula un jour dans notre dimension temporelle et notre espace-temps. Dire que ce qu’il vit le surpris, ne serait qu’un doux euphémisme ; il fut épouvanté, hagard, sidéré. Il faut dire que sa réaction fut des plus justifiées car, passer du XVIIIe au XXI e siècle en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, a de quoi bouleverser un être ; mais de plus, lorsque on croise un adolescent coiffé d’une crête de cheveux verte et jaune, dont les bras sont couverts de tatouages tribaux, portant Slim troué aux genoux et Boots montantes jaunes canaris on peut, c’est évident se poser des questions sur l’état de sa santé mentale. Malgré ce, notre philosophe après avoir repris ses esprits osa l’interpeller :

     

    - Pardon  Jeune homme, pouvez -vous je vous prie, me dire à quelle époque nous sommes ?

    - En hiver M’sieur voyez pas la neige qui tombe ?

    - Je constate Jeune homme, en effet je constate ! Mais voulais-je dire, en quelle année sommes-nous ?

    - Ah là M’sieur, vu votre déguisement et le fait que vous êtes dans un brouillard total, vous avez dû faire une sacrée teuf hier non !

    - Mais qu’est donc que ce vocable : Teuf ? Jamais je ne l’ai ouï jusqu’ alors, quant à ma mise Monsieur, sachez que je ne suis point déguisé comme vous le prétendez.  Ma mise fut taillée par Mr Lepro , maître Tailleur de son état.  Savez-vous, j’arrive tout droit du siècle des Lumières ?

    - Ah oui, je vois, vous arrivez des Champs  (Elysée) quoi ?  S'ils sont illuminés comme ça ,c’est surtout pour les fêtes de Noël. Y a des lumières dans toutes les villes et villages à c' tte époque . Si vous appelez ça, l’ siècle des lumières, vous n’avez rien vu alors !

    - J’avoue ne pas comprendre ! Il m’eut plu de penser que vous me reconnaîtriez, mais, ma popularité semble-t-il, n’a pas dû résister au temps qui est passé. Permettez donc alors que je me présente.  Je suis Denis Diderot !

    - Denis dit deux rots ? Mais pourquoi un tel surnom ? C’est à cause que vous ro ...Enfin ,que vous avez une mauvaise digestion peut être ?

    - Non ! Cela ne vient point d’une éructation répétée. DIDEROT, Jeune homme est bien mon patronyme et, je n’aurais point cru vous paraître anonyme. Vous avez je présume entendu parler de l’Encyclopédie ?

    - Ah c’est vous qui  à l’an… Je ne sais plus quand, avez inventé les clopes en paquet de six ?  Mais comment vous savez que je m’appelle Eddy ?

    - Je suis troublé par votre méconnaissance savez-vous ? Mais vous connaissez peut-être,  « La Religieuse »

    - Si je connais   la Religieuse ? Mais je pense bien !

    - Ah la bonne heure ! Et avez-vous aimé cela ?

    - Aimer c’est peu d'le dire, je l’ai dévorée d’un trait oui !

    - Que vous ayez trouvé « La Religieuse » à ce point à votre goût, me   ravi et me flatte Jeune homme, je vous en sais gré et vous remercie ! 

    - Merci ? Mais pourquoi c’est vous qui l’aviez faite ?

    - Faite, n’est certainement pas le vocable que j’aurais employé mais enfin … L’on peut le dire ainsi  !

    - Si je l’ai trouvée à mon goût ? Ah pour sûr alors ! Surtout la Religieuse au chocolat ! Je la préfère vous voyez, à celle au café, bien que je l’aime beaucoup aussi. Dès que je passe devant une pâtisserie je m’arrête pour en acheter deux ou trois.

     (Diderot Interloqué) - Je présume que, pas plus que vous n’ayez eu connaissance de mes œuvres et de ma personne, vous n’avez dû, je le présume entendre parler de d’Alembert , de Voltaire ou  de Rousseau ?

    - DALEM Bert ...? Non connais-pas !  Voltaire oui par contre. Ma grand-mère à un fauteuil chez elle , qu’elle appelle comme ça ! Quant à ROUSSEAU ; j’en connais deux : Carole  et Stéphane l'humoriste.  C’est lequel des deux ?

    - Mon garçon, je crains qu'il ne s'agisse ni de l'une , ni de l'autre. Je veux parler de Jean-Jacques Rousseau et, croyez- moi, il n’a rien d’un humoriste comme vous dites !

    - Ah ben moi, le seul Jean-Jacques que je connaisse, c’est Goldman. C’est pas l’même du tout !

    - N’avez-vous donc jamais entendu parler de « Julie ou la nouvelle Héloïse » ou bien des « Confessions » de D'Alembert  ? 

    - Julie oui pour sûr, c’est la sœur d’un de mes potes, mais pour la nouvelle Héloïse jamais!  Déjà que j'connais pas l’ancienne … Quant aux confessions, j’suis pas une balance moi, ce que me disent les copains, j’le garde pour moi. Et je vous répète en plus, que ce Bert DALEM  connais pas !

     

    Dubitatif mais surtout dépité de constater que si le XVIIIe siècle était celui des Lumières, le vingt et unième lui, est indubitablement devenu pour certains, celui de l’inculture. Fort de cette conviction, Diderot poursuivit son chemin dans l’espérance de réintégrer au plus vite son époque.

     

     © Dominique

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  •  Une UCHRONIE est la reconstruction fictive de l'histoire, relatant les faits tels qu'ils auraient pu être et qu'ils n'ont pas été

     

    GAVROCHE

     

    Des deux pièces qui battaient maintenant la barricade de la rue de la Chanvrerie, l'une tirait à mitraille, l'autre à boulet…..

    Combien de fois avais-je lu "Les Misérables", je ne saurais le dire, mais j'en connaissais toutes les répliques et ce passage là, m'émouvait toujours autant. C'était celui là même où, les insurgés manquant de cartouches, Gavroche courageusement, s'apprêtait à allez en chercher au péril de sa vie. Dans quelques lignes il sautera de la redoute dans la rue et sa jeune vie sera fauchée en dépit de son courage. Pauvre gosse pensais-je, si quelqu'un avait pu le voir avant qu'il ne commette cette action. L'ai-je pensée très fort, trop fort, peut être, je ne sais pas. Quoi qu'il en fut et, aussi surprenant que cela paraisse, je me suis aussitôt retrouvée sur la barricade auprès de l'enfant.

     - Mon petit ! Criais-je. Ne fais pas cela !

    Le garçonnet tenant le panier qui devait lui servir à récupérer les cartouches qu'il s'apprêtait d'aller récupérer sur les corps des gardes nationaux, se retourna vivement et je vis son regard, traversé par un éclair de surprise. Une femme se dressant face à lui sur la barricade dans le grondement du canon et le fracas de la mitraille, ce n'était pas courant, mais de plus, vêtue d'un "sweat -shirt" et d'un "legging", cela avait en effet de quoi surprendre. Il ouvrit de grands yeux et, me toisant dit alors :

    - Citoyenne ! Primo je ne suis pas vôtre p'tit et secundo, ce n'est pas une femelle qui va me dire ce que je dois faire. Pigé !

    - Gavroche ! Insistais-je. Il ne répondit pas. Alors sachant que le temps m'était compté et, voulant à tout prix l'empêcher de commettre l'irréparable, je me saisis vivement de son panier. 

    - C'était donc ça ! S'exclama-t-il - En voila de vilaines façons,s'attaquer à un loupiot pour lui prendre son bien. Vrai ! Si j'en avais pas un besoin urgent je vous l'aurais offert citoyenne, mais il m’est trop nécessaire. Au fait ! Comment vous connaissez mon blaze ? Je vous ai jamais vue ! Faut dire, qu'accoutrée de la sorte, j'vous aurais pas oubliée pour sûr. Mais j'ai assez jacté, faut qu'je décanille.

    En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il sauta dans la rue et rampa jusques aux gardes nationaux qui gisaient au sol. Je savais pouvoir le suivre sans risque, nulle femme ne fut jamais mentionnée dans l'œuvre de Victor Hugo et, ce fut ce que je fis. Je le suivis à travers l'écran d'une épaisse fumée qui avait envahi la rue. Il rampait, se relevait, sautait, courait, allant de l'un à l'autre, vidant dans son panier gibernes et cartouchières. Deux balles furent tirées dans sa direction sans pour autant l'atteindre. L'enfant vit que les tirs provenaient de la banlieue et c'est à la vue des gardes nationaux qu'alors, mains sur les hanches et cheveux au vent, il se mit à chanter en les narguant. Sa fin était proche. N'étant pas parvenue à lui éviter cela, je courus jusqu'à lui, ne voulant pas qu'il meure seul. C'est alors qu'une balle claqua et l'atteignit. Touché au font, il s'affaissa mais se redressant hardiment, il continua à chanter :

    Je suis tombé par terre,
    C’est la faute à Voltaire,
     

    Arrivée auprès de lui, sans mot dire, je lui pris la main. Le regard déjà voilé par le spectre de la mort, il esquissa un faible sourire et pressa fort la mienne. Dans un dernier sursaut d'une volonté surhumaine il poursuivit :

    Le nez dans le ruisseau
    C’est la faute à...

    Une autre balle stoppa net les derniers mots. Il s'abattit face contre terre, la vie l'avait quitté. Mon visage contre le sien, entre deux sanglots je murmurai alors:

    C'est la fau..te à Rou.. sseau !

     

     

    © Dominique


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  • L'  IMPROBABLE  DIALOGUE

    Ou

    " Du Roi Soleil  à  Plein Soleil "

    Plantons le décorNous nous trouvons  un 14 juillet , lors de la célèbre "Garden Party"   de l'Elysée  où,  un  dialogue  aussi improbable qu'insolite, s'engage  entre le Roi Soleil et l'acteur Alain Delon.                                                              

     

     ♦  ♦  ♦  ♦   ♦

                                                                     

    Louis le XIV ème regarda  ébahi,  la foule se trouvant massée autour de lui. Il n'eut pas souvenir qu'en ce jour il offrait une fête à certains de ses nombreux sujets. Du reste, il trouva saugrenu la façon dont tous étaient vêtus. Étaient-ils costumés ? Il avisa le parc qu'il jugea étriqué. Mais où donc était l'autre ? Il ne restait plus rien des jardins de "Le Nôtre ". Point n'était de bassin, juste quelques jets  d'eau, un modeste palais en guise de château dont les murs uniformes étaient peints en grisaille où donc était passé  le faste de Versailles? Que voulait dire cela ? Ce fut à cet instant de sa cogitation que s'approcha de lui, Monsieur Alain Delon (venu accompagné de Mireille Darc à cette réception et qui, sous Le Choc croyant à une vision  quitta les gens auxquels il faisait conversation à savoir : Rocco et ses frères, Monsieur Klein,la Veuve Couderc. Le monarque l'interpella alors .

     -Où sommes-nous Monsieur? Et qui est l'homme rond parlant, gesticulant, là-bas sur le perron  ?   

    - Ce petit homme rond, est notre chef d'État ! Lui répondit Delon. 

    - L' État c'est Moi!  Et sachez Monsieur que je n'ai point de chef.   

      Rétorqua à Delon le grand roi derechef.

     - Vous le fûtes Majesté, en effet vous le fûtes ! Et soyez assuré que nul ne le réfute, cela fait bien des lustres  mais la France se souvient que vous fûtes de tous, l'illustre souverain ! Quant à savoir où nous sommes;  je répondrais en somme: A l'Élysée * !

    Ah ! Songea alors le  monarque après cette remarque, nous sommes donc trépassés ( puis s'adressant à l'acteur )

    - Je ne vous connais point à qui ai-je l'honneur ? 

    - Je m'appelle Delon. Alain Delon ! 

     Aparté :   Acte manqué ? Eut-il aimé incarner James Bond ? 

     - D' Éon !  Vous êtes donc ce chevalier qui aimait à se vêtir en femme ?

    - Alain Delon en femme ? Majesté c'est infâme ! Delon est séducteur  autant que vous le fûtes. Dire cela à Delon c'est bien la pire insulte ! En outre, l'une de ses anciennes compagnes, vous diriez " favorites", aujourd'hui l'accompagne. C'est Mademoiselle Darc !

     -  Jehanne qu'on brûla  à Rouen ?  On la disait pucelle pourtant !

     - Mais enfin Majesté comment donc serait-ce elle ?  Il s'agit de Mireille actrice  exceptionnelle, tout comme je le fus !

     - Ah je vois ! Vous jouâtes tous deux dans la troupe de Molière notre grand dramaturge. Dans Dom Juan, peut-être, Amphitryon,George Dandin , Le Sicilien ... ?

    - Sire Alain Delon s'insurge ! Vous vous moquez de lui, il ne supporte pas, même si la raillerie émane d'un grand Roi. Non tous deux sévissions d'une façon altière dans l'art, créé par les Lumières. Le " Cinéma" ! Et, si Alain Delon ne joua pas le " Sicilien " il joua cependant dans leur clan qui fut sien, dans un film éponyme et sous son patronyme. Delon rajoutera Sire , afin de dissiper une quelconque équivoque, qu'il y eut analogie en nos vies réciproques. Votre magnificence naquit du "Roi Soleil", celle d'Alain Delon du film "Plein Soleil" qui, sa modestie dut-elle en souffrir, le fit considérer par "l'Empire du soleil levant" non comme Le Samouraï, mais comme un dieu vivant ! Je suis natif de sceaux, où votre ministre Colbert possédait un château. Delon comme vous l'êtes est mondialement connu, notre notoriété nous porta vers les nues.

    - Je  suis marri Monsieur de vous avoir vexé, là n'était point mon but soyez-en assuré ! J'ai ouï dire, qu'au siècle des Lumières, les philosophes prônaient raison, tolérance, humanité. Le Cinéma  par contre, là, vous me l'apprenez !

     - " Roi Solei" certes, mais pas des plus brillants si Delon peut se permettre, ou du moins pas des plus éclairés, car Votre Majesté encore une fois, confond  comme il le fit pour Darc, avec ces deux "Lumières". Mais Alain Delon doit mettre un terme à l'entretien et au plaisir  d'avoir par un bien grand prodige, croisé votre chemin. Alors adieu Sire vous-dis-je ! Car mon immense talent et ma grande renommée me valent en ce jour d'être fait chevalier (de la légion d'honneur)

    Louis XIV vit à cet instant précis, s'embraser le ciel  d'un gigantesque Soleil Rouge qui n'était autre que le feu d'artifice tiré depuis le Champs de Mars en ce quatorze juillet.

    - Ho ! - Paris brûle-t-il ? 

    - Non Majesté nous célébrons ainsi chaque année  Notre Histoire !

    - On dirait le Plein Soleil ; Quelle joie de Vivre !

    Sur ces mots Alain Delon, L'Homme pressé, pris congé du Monarque qui, lui cédant Le passage rétorqua en monarque :

    - Eh bien alors allez ! Allez donc Chevalier Delon et à l'espoir de nous revoir !

    Ce à quoi, toujours simple, Delon répondit :

    Puisque nous sommes tous deux de La race des seigneurs, je vous dis donc: Adieu l'ami !
     

     

    © Dominique

     

      * Les termes écrits en cette couleur sont des titres de films dans lesquels joua Alain Delon 


     * L'Élysée: Dans la mythologie antique,était le lieu où les héros et les gens vertueux, goûtaient le repos après leur mort.

     


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