•  Le Voyageur

     

    J'habite les étoiles dans une autre galaxie
    Et suis un voyageur constamment en errance
    Je fais partie d'un ordre, une grande hiérarchie
    On  m'imagine souvent autrement que je suis
    Je peux si je le veux prendre maintes apparences
    Peut-être vous ai-je croisés, parmi vous je promène
    Mais nul autre que moi connaît cette évidence
    Je passe incognito au cœur de l’assistance
    Je quémande parfois, sous des loques de mendiant
    Pour voir ce qui vous reste de ce commandement 

    " Aimez-vous les uns les autres…"

    Que Jésus à donné   en partant aux apôtres
    Force est de constater qu'on l'oublie trop souvent
    Lorsque chacun le soir regagne sa demeure
    Se pose-t-il, ne fut-ce qu'une fois la question ?
    De savoir si dehors il est des gens qui meurent
    De froid, de faim ou bien par manque de compassion
    Le regard, le sourire, que simplement l'on donne
    Qui réchauffe le cœur et soutient la raison
    Ceux qui manque de tout et que tous abandonnent
    Perçoivent dans le trépas l'ultime solution
    Je voudrais cependant dire que l'âme humaine
    De chaque individu est aussi dissemblable
    Que l'est le crépuscule, de l'aube d'un matin
    Et  si  j'ai pu croiser des êtres peu aimables
    D'autres, fort heureusement furent très charitables
    J' eus cette joie de voir de bons Samaritains
    Pour lesquels la bonté est seconde nature
    Qui du prochain allègent de leur mieux le fardeau
    En apaisant de baume plus d’une meurtrissure
    Lui proposant leur aide et soignant bien des maux
    Quand je dis peu aimables en parlant de certains
    Je veux dire à vos yeux, vous qui êtes humains
    Il va de soi bien sûr, qu'ils ne peuvent l'être aux miens
    Nous ne descendons pas ici-bas en censeurs
    Même si nous sondons vos âmes et vos cœurs
    Car nous ne jugeons point au sein de nos phalanges
    Nous veillons seulement, car nous sommes des Anges !

     

     

    © Dominique

       

     


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  • Le Pécheur

     

    Les vents avaient porté son trop léger esquif
    Sur une mer houleuse au ressac destructif
    Et le Ciel ayant pris la couleur des Enfers
    Sous la pluie diluvienne s’illuminait d’éclairs
    L’homme qui était parti très tôt au jour levant
    Luttait en permanence contre les éléments
    Cette mer qui lui fut longtemps hospitalière
    Prodigue, généreuse emplissant ses filets
    Brusquement contre lui déclenchait sa colère
    Et rien lui sembla-t-il n’aurait su la calmer
    Mais qu’avait-il donc fait de mal, de pernicieux
    Pour attiser ainsi l’acrimonie des Dieux
    Il luttait constamment, sans une interruption
    Pour que ne soit drossé la frêle embarcation
    Que les lames poussaient avec acharnement
    Comme fétu de paille sur la ligne de brisants
    L’homme lutta ainsi jusqu’au petit matin
    Mais hélas toute  fouge tout effort furent vains
    Le flot tumultueux catapulta l’esquif
    Qui vint se disloquer en frappant les récifs
    Avant que de sombrer dans les sinistres eaux
    A demi inconscient le pécheur jeune et beau
    Vit un être ondoyant s’approcher de l’épave
    Le corps d’un blanc laiteux, la chevelure d’or
    Qui par un long baiser langoureux et suave
    Vint lui ôter la vie, scellant ainsi son sort

                            

        © Dominique         

     

         


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    S O N N E T :  Les Muses

     

    SONNET : Les Muses

    Tableau d' Andrea Mantegna (1431-1506) 

     

    Nées d'une nuit d’amour de Zeus et Mnémosyne

    Vous êtes le symbole, l’incarnation  des arts

    Égéries de l’auteur  même le  plus misogyne   

    Nul ne pourrait créer si vous n’ y preniez part

     

    Quel que soit le domaine musique, art de la rime  

    Pour toute suggestion on fait  appel à vous

    Quand  sous l’inspiration l’esprit alors s’anime

    Le plaisir éprouvé devient tellement doux

     

    Si vous abandonniez chacun de ces artistes

    Vous verriez  aussitôt que sa pensée s’attriste

    Mais quelquefois espiègles, leur état vous amuse

     

    Vous riez de l’humain  et le trouvez bizarre

    Vous vous raillez de lui quand son idée s’égare  

    Car celui-ci  n’est rien lorsque le fuit sa Muse

     

    © Dominique

     

     


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    Les chevaliers disaient que leur " Epée" avait une âme

     

     

     
    Imaginons dès lors, qu’elle  fût  également dotée  de parole et qu’entre les  plus célèbres d’entre elles,  furent 
    échangé ces propos :

     



    Je me nomme
    JOYEUSE

     

    Et fus de Charlemagne la fidèle compagne

    Toujours à son côté ou au creux de sa main, j’ai fait maintes campagnes

    J’avais un tel éclat que les rangs ennemis en étaient aveuglés

    Et dans mon pommeau d’or, mon Roi fit enchâsser

    La pointe de la Lance, par laquelle Jésus  eut le flanc transpercé

     

    ♦ 

     

    Moi je suis DURANDAL

     

    Au nom de Roland je reste attachée

    Alors que Ganelon de sa mort fut la cause

    Mon Maître, jeune paladin, avant de trépasser

    Craignant qu’une   main   ennemie un jour sur moi se pose

    Préféra me briser en frappant le rocher

    Sous le coup asséné, ma lame résista

    Et ce fut le rocher qui en deux se brisa

            Grâce à l’aide divine je fus alors lancée

          A des miles du lieu, de par les Pyrénées.

            Et je vins me ficher en haut d’une muraille

              Laquelle porte encore en ce siècle la faille

     

    ♦   

     

    Et  moi  EXCALIBUR  

     

    Epée du Roi Arthur  

    Que Merlin quand mon Maître était encore enfant

    Eut  plantée dans un roc duquel tous les puissants

    S’évertuèrent en vain à tenter de m’ extraire

    Car il était écrit que je ne serai  brandie

    Que par le souverain de ce puissant pays

    Je le fus par l’enfant illégitime d’Uther

    Qui par la prophétie succéda à son père

     

     

    Mon nom est  TIZONA

     

    L’épée de Don Rodrigue

    Chevalier Castillan que l’on nomma : Le Cid

    Ma poignée et ma garde sont en cuivre doré 

    Et ma puissante renommée

    De tous les adversaires me faisait redouter

    Il me suffisait d’apparaître

    Pour qu’aussitôt naisse la crainte

     



     

    Je m'appelle  ASCALON

    Par la main  de « Saint Georges » j'ai vaincu le Dragon 

     

     

     

     

     

      © Dominique


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    Grand Mère

     


    T
    u avais le pas lent, la démarche gracile
    Le port de tête altier des femmes de notre île
    Ton visage était fin, ton sourire charmant
    Et ton front était ceint de jolis cheveux blancs
    Je t'ai toujours connue vêtue de noir, grand-mère
    Car tu portais le deuil, de ton mari, tes frères…
    Et comme pour chacun, tu le portas des années
    Quand tu le pris un jour, ce fut pour le garder
    La seule touche claire, que tu te permettais
    C'était quelques fleurettes, ornant tes tabliers
    Qui protégeaient tes mises simples et sans atours
    Et te paraient pourtant,  plus que Robes de Cour
    Ta grâce était innée, on t'appelait « Comtesse »
    Tu n'appartins pourtant  jamais à la noblesse
    Et bien que tu sois née sur la  Terre des Seigneurs *
    La seule vraie noblesse, fut celle de ton cœur
    Tu étais effacée, délicate et discrète
    Je n'étais qu'une enfant et souvent je regrette
    De n'avoir pris le temps, ou n'avoir pas osé
    Sur ce que fût ta vie, des questions te poser
    Quand tu quittas ce monde, j'avais juste quinze ans
    Je t'aimais tant, grand-mère, que bien naïvement
    Je te fis la promesse, que je déposerai
    Sur ta tombe, en offrande, mon "Bouquet de Mariée"
    Je suis vieille à présent et cela est très loin
    Quarante ans sont passés, pourtant je me souviens
    Que cette promesse faite, je ne l'ai pas tenue
    Car de mari, grand-mère ! ... Je n'en ai jamais eu
                                                   
     

    2003

      © Dominique   




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