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    Grand Mère

     


    T
    u avais le pas lent, la démarche gracile
    Le port de tête altier des femmes de notre île
    Ton visage était fin, ton sourire charmant
    Et ton front était ceint de jolis cheveux blancs
    Je t'ai toujours connue vêtue de noir, grand-mère
    Car tu portais le deuil, de ton mari, tes frères…
    Et comme pour chacun, tu le portas des années
    Quand tu le pris un jour, ce fut pour le garder
    La seule touche claire, que tu te permettais
    C'était quelques fleurettes, ornant tes tabliers
    Qui protégeaient tes mises simples et sans atours
    Et te paraient pourtant,  plus que Robes de Cour
    Ta grâce était innée, on t'appelait « Comtesse »
    Tu n'appartins pourtant  jamais à la noblesse
    Et bien que tu sois née sur la  Terre des Seigneurs *
    La seule vraie noblesse, fut celle de ton cœur
    Tu étais effacée, délicate et discrète
    Je n'étais qu'une enfant et souvent je regrette
    De n'avoir pris le temps, ou n'avoir pas osé
    Sur ce que fût ta vie, des questions te poser
    Quand tu quittas ce monde, j'avais juste quinze ans
    Je t'aimais tant, grand-mère, que bien naïvement
    Je te fis la promesse, que je déposerai
    Sur ta tombe, en offrande, mon "Bouquet de Mariée"
    Je suis vieille à présent et cela est très loin
    Quarante ans sont passés, pourtant je me souviens
    Que cette promesse faite, je ne l'ai pas tenue
    Car de mari, grand-mère ! ... Je n'en ai jamais eu
                                                   
     

    2003

      © Dominique   




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    Colosséum

     

     

    Colosséum

     

    Commencé à l'époque où régna Vespasien
    Je ne fus achevé que vers l'an quatre vingt
    Et fus édifié sur les cendres de Rome
    A l'emplacement même, où se trouvait, de l'homme
    Du fou, devrais- je dire, du  parricide « Néron »
    L'imposante statue nommée « Colosséum 
    Qui  me valut de fait, de par son nom latin
    Celui qui désormais, est devenu le mien
    Comme j'aurais aimé, que mes pierres ne fissent
    Emerger du néant, ce terrible édifice
    On eût pu, avec elles, tout autant ériger
    Un temple ou un forum, je l'aurais préféré
    Des thermes, un aqueduc ou de belles  villas
    Mais pas ce lieu sinistre, qui ne vit que trépas
    Qui n'entendit que cris, clameurs, rugissements
    S'entrechoquer des armes, monter des hurlements
    Ceux d' innocents, livrés à des bêtes féroces
    Ceux d'hommes, s'affrontant en des luttes atroces
    Combien de Sécutors, de Samnites, de Rétiaires
    De Mirmillons, de Trhaces, de Scissors, de Belluaires
    Le sort  fît - il passer, de la vie au trépas

    Et  livrer dans l'arène, leur ultime combat
    Après qu'ils aient  du peuple, sollicité leur grâce 
    Mais la horde acharnée, sans détourner la face
    Sans aucune pitié, sans aucune clémence
    Baissa  alors le pouce et rendit sa sentence
    Car cette foule avide, violente et sanguinaire
    Ne fut  jamais repue du sang de tous ses frères
    Ne se priva jamais, d'un avilissement
    Pour combler son besoin de divertissement
    Vous ! qui un jour viendrez visiter  mes  vestiges
    Dans cet amphithéâtre, qui donne le vertige
    Ayez une pensée pour ceux qui sont tombés
    Au cœur de cette arène, à  jamais empourprée
    Et, si entre mes pierres disjointes, vous entendez
    Le bruissement du vent, je vous prie : Ecoutez !
    Il vous rapportera,  venu du fond des âges
    La  formule prononcée  avec tant de courage
    Ces mots tant répétés et que toujours j'entends
    Qui restent en  moi,  gravés en des lettres de sang :
                
    AVE CESAR, 

    MORITURI TE SALUTANT !
                                                                              

                                 

    ©  Dominique


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    LE  SILENCE

     

    Avez-vous donc un jour écouté le silence ?
    Question bien saugrenue, direz-vous, il se peut !
    Pourtant comme le bruit, il sait être nuisance
    S’il se trouve être profond et même, cotonneux
    J’ai constaté cela, un jour dans la montagne
    Alors que regardant, la Mer et le Maquis
    Pas un son, pas un bruit, naissait de la campagne
    J’eus soudain l’impression d’avoir perdu l’ouïe
    Le silence total, pas un vol dans l’éther
    Pas une feuille, un brin d’herbe, ne bougeant au parterre
    Si bien, qu’il me parût pendant un court instant
    Que s’était suspendu, stoppé, le cours du temps
    Et laissant librement ma pensée vagabonde
    Au gré de ma rêverie s’enfiévrer, s’enflammer
     Il me plut de pouvoir imaginer le monde
    Subitement aussi, avoir été figé
    Figés dans leur élan, leurs tâches coutumières
    Les pécheurs, commerçants et autres ménagères
    Boulangers et mitrons, pâtres et agriculteurs
    Les aiguilles des horloges ne marquant plus les heures
    L’espace d’un instant 
     Le temps volé au temps
    Voilà ce que forgea  ma rêverie intense
    Avec tout simplement, un moment de silence


    ©  Dominique


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                         L’ Olivier                   

     

    Mes Poèmes : L'OLIVIER

    Vénérable vieillard plusieurs fois séculaire
    Tu dresses dans les airs, tes branches tutélaires
    Avec cette arrogance que confère les ans
    Tu vois depuis des siècles s’écouler les saisons
    Et la verte parure que font tes frondaisons
    Abrites-en sa ramure, un flot de confidences
    Ta tête est toute pleine des rires et des chants
    Des belles de jadis en leurs atours de fête
    Grimpant sur tes rameaux pour faire la cueillette
    De tes fruits juteux et croquants
    Quand souffle le Mistral en de grandes bourrasques
    De la vallée des « Baux « jusques au « Garlaban »
    Il libère dans son souffle, quelques rires, quelques chants
    Et les emporte dans ses frasques
    Que sont-ils devenus tous ces tendres amants
    Qui ont au fil des siècles gravé avec leur dague
    En même temps qu’au doigt ils se passaient la bague
    Sur ton vieux tronc noueux, de si jolis serments
    Tu veilles sur les songes de cet homme harassé
    Goûtant sous ton ombrage, après un dur labeur
    Le sommeil bienfaisant et si réparateur
    Que le chant des cigales, a doucement bercé
    Témoin irréfutable, toi seul pourrait décrire
    Des époques passées, tout ce que tu as pu voir
    Ces scènes de la vie, empreintes en ton regard
    Si Dieu t’avait donné tous les mots pour le dire
    De tous les temps, tu fus symbole de sagesse
    Et par delà les âges, toujours fus vénéré
    Et tant qu’on laissera la colombe voler
    Elle tiendra dans son bec, un rameau d’Olivier

     

    ©  Dominique 

     

     

    C’est grâce à ce poème que j’obtins en juillet 2003  

     le titre  d’  « Académicienne de Provence » 

     

     

     

     


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                                                   La Flamme                                                 

    Mes Poèmes : La Flamme !

     

    L’inspiration des mots, tarissait à sa source
    Les yeux levés au Ciel, tournés vers la « Grande Ourse »
    J’ai invoqué « PIERROT » doux ami des poètes
    Qui sur son coin de Lune, garde sa plume prête
    Et comme il faisait sombre dans mon petit logis

    Tout comme il l’aurait fait, j’allumais une bougie
    Et c’est de celle-ci, que jaillit l’étincelle
    Ne vous y trompez pas, je ne parle pas de celle
    Procurant la lumière, pourvoyant la clarté
    Mais nourrissant l’esprit. Celle, qui me manquait
    Et voyant osciller cette petite flamme
    Je m’adressais à elle, ainsi qu’à une femme
    Des êtres humains – lui dis-je - Tu as l’ambivalence
    Tu peux être douceur, chaleur et bienveillance
    Lorsque tu accompagnes un dîner d’amoureux
    Où que l’on te voit luire, briller au fond des yeux
    L’on peut te voir aussi, dès que l’hiver paraît
    Te mouvoir avec grâce dans l’âtre des foyers
    Être, l’ambassadrice des prières et des vœux
    Brûler dans les églises, près des Saints et de Dieu
    Mais lorsque tu te fâches, quand tu n’es que colère
    Ta force destructrice, devient tentaculaire
    Tout ce qui nous entoure succombe sous ta loi
    Avec célérité tu fais de nous, tes proies
    De la petite flamme, je crus alors entendre
    S’élever une voix, afin de se défendre
    Mais toi, qui donc es-tu ? -  Me dit-elle - Pour juger ?
    Ton opinion n’est faite, que de vils préjugés
    Tu me dis destructrice, ravageuse, incendiaire
    Crois-tu que je m’allume, comme cela, par mystère ?
    Dans le mal que je fais, se cache toujours l’humain
    Qui bien contre mon gré, m'embrase de ses mains
    Combien d’elles ont pris part, à ce dont tu m’accuses
    Ces crimes faits en mon nom, j’les dénie, les récuse
    A chacun des Bûchers, Holocaustes, Incendies
    Je ne fus qu’instrument de leur ignominie
    Je dois aussi compter avec les éléments
    La Pluie m‘est alliée, mais adversaire, le Vent
    Car ne serais-je alors, qu’à l’état de brandon
    Qu’il viendrait m’attiser, d’où tes imputations
    Car lorsque le vent souffle, qu’il rugit, qu’il fait rage
    Il me fait croître afin, qu’ailleurs je me propage
    Et si ton jugement était plus équitable
    Tu me verrais victime, mais certes pas coupable
    Je me sentis confuse après ce plaidoyer
    Alors, timidement, pour me faire pardonner
    Je n’ai l’ai point soufflée quand finit l’entretien
    Mais en gage d’amitié, l’ai couverte de ma main  

                               

    05 novembre 2006


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