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    LES COMMERES VOYAGENT ! ( Suite...)

     

    LES COMMERES VOYAGENT !

      Garance (à gauche) est aussi entière et caustique
    Que  Léonie (à droite) est effacée et naïve 

     

    GaranceOn est vraiment bien installées ici hein ? On a une vue panoramix c’est super non ?

    Léonie :  Oui, oui on est bien, et pis pour la vue panoramix on l’a aussi sur le décolleté de la guide quand elle s’penche en avant. Z’avez-vu ? Tout d’ même c’est un peu osé non ?

    GaranceOsé ? Mais elle a juste un tee shirt échancré, vous voulez pas qu’elle porte un col Claudine, non ?

    Léonie : Eh bien ! Parce qu’en plus, elle a un p’tit short j'avais pas vu ! J’ai vu qu’ le haut. Ça s’fait pas ça dites ! Elle serait pas un peu coquine la Claudine ?

    Garance: J'ai pas dis un petit short, mais un" tee shirt' une  sorte de maillot de corps si vous préférez  et pi, comment qu'vous savez qu’elle s’appelle Claudine vous elle s’est pas encore présentée.

    Léonie : C’est vous qu’ avez dit comm’ ça : Voulez pas qu’elle porte un col Claudine !

    Garance: C’est le nom du col « Claudine » pas le sien. Attendez… Attendez  elle va prendre l’micro .  

    ( En effet l’accompagnatrice se levant se saisit du micro)  

    Mesdames et Messieurs : Bonjour je me présente je  suis Emy et notre conducteur se prénomme Nans ! Nous sommes heureux de passer ce séjour que nous souhaitons des plus agréables en votre compagnie. Nans et moi-même sommes à votre disposition. N’hésitez donc pas à faire appel à nous en cas de besoins ! )

    Léonie : Z’aviez raison elle porte pas d’ short, elle porte un" Boud' jan" et j'trouve qu'elle a l’air gentillet quand même. En parlant d' besoins et si on a besoin ?

    Garance : Eh bien elle vient d’le dire : on fait appel à eux !

    Léonie : Garance j’veux dire si on a be… soins quoi !

    Garance :  J’ai bien entendu aller, mais vous sûrement pas ! J’vous dit : On fait appel à eux ! 

    Léonie : Oh criez pas si fort ! Vous m’obligez à met’ les points sur le T et les barres sur les I . Si on a besoin d’faire Pipi voilà j'lai dit !

    Garance : Y a des toilettes dans le car ! Soyez pas inquiète.

    Léonie : Vous m’voyez-vous crier Emy Nans ! J’ai besoin d’faire Pipi. Tout-d’même j’oserai pas !

    Garance : A évidemment si vous ameutez l’car ! Et surtout ne les appelez pas tous les deux en même temps. Parce que crier : Eminence à chaque fois, ça serait un peu solennel non ? Hiii..Hiii . Vous n’avez qu’à vous pencher et glisser à l’oreille d’Emy vot’ besoin et pi c’est tout.  J’ai vu sur l' dépliant qu’on faisait des arrêts d’confort. Ça veut dire ça, aussi : Les arrêts confort  « Si on a besoins » !

    Léonie : Ça y est nous partons ! Oh y conduit bien Nans hein, y fait  pas d’secousses. Z ‘ avez vu, y a une tablette qui s’rabat ? C’est bien pour poser un verre ou quèque chose ça. Ah par contre pour poser les pieds, j’peux pas y l’on placé trop loin. 

    Garance : Léonie z’allez pas commenter comme ça tout au long du voyage non ! La tablette c’est « Exprès » pour poser quèque chose quand au repose-pieds c’est pas qu’il est placé trop loin l’ votre, c’est qu’ vous avez les jambes trop courtes ! Regardez, moi j’les pose mes pieds !

    Léonie : Dites Garance , ce soir où c’est qu’on mange ?

    Garance : ( En dépliant l’itinéraire du voyage ) Ce soir ?...  Ah le MANS !

    Léonie : Allemand ? J’savais pas qu’on allait aussi en Allemagne. Mais moi j’mange pas de choucroute  dites et la bière ça me donne des aigreurs.

    Garance : Pas Allemand , Le Mans ! Dans la Sarthe  z’avez jamais entendu parler des fameuses Rillettes du mans. Ça chui sûre que ça va vous plaire Hii...Hii

    Léonie : Et on y reste longtemps A le Mans ? 

    Garance : Vingt-quatre heures ! On va visiter les jardins de Pierre Ronsard : Mignonne allons voir si la Rose ……

    Léonie : Ah ben oui  si vous voulez ! J’aime ben les roses moi ! Puis ça m’fait r’udment plaisir que vous m’app’liez Mignonne, vous l’avez jamais fait hein ?

    Garance : Mais , c’est pas à vous que j’dis ça hé ! C’est : " A Cassandre" .

    Léonie : A Cassandre ? C’est qui ça Cassandre ? J’vois personne moi !

    Garance : " A Cassandre " , c’est un poème de Ronsard pardi !

    Léonie : Ah M’sieur Ronsard c’est un poète ? Mais alors, vous pensez pas qu’on va l’déranger, si on visite ses jardins.

    Garance : Y a plus de quatre cent ans que personne ne dérang’ plus M'sieur Ronsard ! Bon après Le Mans on va aller à Saumur.

    Léonie : Ah j’en ramènerai un peu tiens ! Ça peut toujours servir pour conserver les anchois la saumure pas vrai ?

    Garance : C’est  pas la saumure, c’est Saumur : Nous allons avoir là-bas une visite guidée du cadre noir.

    Léonie : Aller si loin pour voir un cadre noir ?  J’en ai un à la maison  et j’le regarde jamais ! En pus y vont nous faire un’visité guidée ? Vous croyez pas Garance,  qu’ y se moquent de nous dites ?

    Garance : Ah vous alors ! C’est pour ainsi dire, donner de la confiture aux cochons  tiens ? Le Cadre Noir, c’est un corps de cavaliers d’élite, qui est classé au Patrimoine Culturel de l’UNESCO. Au contraire, y se moquent pas du nous en nous y emmenant. A ce qui paraît c’est un très beau spectacle !

    Léonie : Ah ? Si vous l’ dites alors !  Et après où qu’on va ?

    Garance : Après…Après…. (lisant le descriptif du voyage) Ah v’là ! Après c’est  à CHATEAUBRIANT !

    LéonieOh dites là, on doit en manger de bons des Chateaubriants c’est sûrement la spécialité locative. J’en ai toujours entendu parler mais j’en ai jamais mangé et vous ?

    GaranceOui moi  j’en ai mangé et je serais bien étonnée que vous aimiez ça vous Hii…Hii

    Léonie: Et pourquoi que j’aimerai pas ça moi hein ? Comment qu’ vous  l’savez vous ? Non mais dites. Elle est bien bonne cell’-ci !

    GaranceComment qu’je sais ? Parce que vous êtes Végétalienne pardi ! Un Châteaubriant, c’est une épaisse tranche de bœuf grillée ! Alors j’ai raison ou pas ?

    LéonieOh ! Et moi qui pensais que c’était un beau gâteau !  Chui déçue tiens . Dites moi où qu’on va ensuite.

    Garance: Après avoir à Chateaubriant, visité : la Halle, l’Hôtel de ville, la Maison de l’Ange où séjourna Sophie Trébuchet, la future mère de Victor Hugo on se dirigera sur Rennes dans  l' Ile et Vilaine.

    LéonieAlors  faudra qu’on prenne le bateau si c’est une île et je crains l’bâteau moi !  En plus si elle est vilaine, j’comprends pas pourquoi on y va. J’vous dis Garance, y s’moquent de nous. Et pi, vous voyez pas dites, que là-bas on mange de la renne ? Alors là se serait le comblement !

    Garance : Quand j’vous ai dit Ile et Vilaine c’est du département que j’parlais pas d’la ville de RENNES qui, dit en passant n’est pas une Ile . C’est la capitale de la Bretagne. Pour v’te gouverne, on dit le Renne pas là. Ça pourrait prêter à confusionnemnt ! Vous inquiétez pas, on mangera pas de renne à Rennes on mangera des spécialités Bretonnes. 

     

    © Dominique

     

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    LES COMMERES VOYAGENT !

     

    LES COMMERES VOYAGENT !

      Garance (à gauche) est aussi entière et caustique
    Que  Léonie (à droite) est effacée et naïve

     

    Garance : Ouf nous voilà installées ! J’ai bien fait dites-voir, d’choisir les premières places hein ?  Déjà on verra mieux l’paysage et en plus, on pourra entendre tout c’qui se dira entre le chauffeur et la guide hiii…Hiii… ! Hé vous qu’êtes toujours dans la lune, zavez rien oublié ? Vot’carte d’identité vous l'avez au moins ?

    Léonie : Oh j’ai tout ben pris allez ! Mais j’vais tout-de même tout capituler ( Prenant sa valise posée sur le porte-bagages et l’ouvrant ) Les bas : j’les ai, les jarretelles j’les ai, ma ch’mise de nuit en pilou : j’l’ai , mes quat' rob’ sont là, mes culottes antifuites : z’y sont aussi, mes charentaises: c’est toké ! Là, dans  l' sachet y a mes préservatifs.

    Garance : ( Interloquée Vos Quoi ??

    Léonie : Ben, mes préservatifs pardi ! Zavez pas pris d’préservatifs vous ? C’est pourtant nécessaire dites ! D'habitude quand j'pars j'en emporte qu'un, mais com’ y en avait un qui s’était un peu élargi, quand j’ai bataillé pour l’enfiler l'aut' soir ; c’est normal vu l’volume, alors des fois qu’il lâche, j’en ai pris un deuxième.

    Garance : ( ? ? ? ) Quoi ? vous  avez batailler pour enfiler  un préservatif ? Vous ? Mais vous n’avez jamais…. Heum... Quoi ! Ha ben ça alors si je m'doutais ! 

    Léonie : Zavez l’air rudement étonnée dites-voir ! Mais j’ai toujours utilisé des préservatifs moi, comment qu’j’aurais gardé une si belle toison à mon âge sinon hein ? Si j’la mouille sous la douche, faudrait que j’la sèche à chaqu’ fois au séchoir, l’est tellement longue !

    Garance : ( Rassurée ) Attendez, attendez ….Vous voulez parler d’un bonnet d’ douche là, pour protéger vos ch’veux ? Une charlotte quoi  ?

    Léonie : Est-ce qu' j'sais moi  s’il s’appelle Charlotte, ou Charlot c’bonnet là ? Moi j’ai toujours appelé ça un préservatifs et pi c'est tout ! Y préserve ben les tifs non ? Alors !  (Inventoriant toujours sa valise) mon foulard, mes….

    Garance :Eh dites, vous allez pas nous fair’ l’inventaire de Champvert des fois  non ? Et l’raton laveur vous l’avez  pris ?  Hiii…Hiiii….

    Léonie : A ben non , vous voui ? Moi j’ai pris un gant et du savon, ça suffira ben !

    Garance : Mais j’plaisantais Léonie, j’plaisantais ! Par cont’ là, j’plaisante plus ! Vous avez pensé à prend’ vot’ parapluie ?

    Léonie : Vu qu’on va fair’ une halte à Cherbourg, j’me suis dit à quoi bon  s’ incomber hein,  je l’ achèt’rai là-bas !

    Garance ( NarquoiseOui et à Rochefort, vous achèt’rez les D’moiselles. Hiii…Hiii

    Léonie :Vous riez dites, mais comme on passe en Picardie, j’me suis dit que j’ vais acheter quèques mèt’ de ficelle Picarde. Elle doit êtr’ ben solide pour qu’elle soit une spécialisation d’là-bas. Et pis on a toujours besoin d’ficelle un jour ou l’aut’ pas vrai ?

    Garance : Mais c’est une crêpe au jambon c’tte ficelle là Léonie ! Vous pourrez rien attacher avec  dites !

    Léonie (Etonnée): Ah ?  Et pourquoi alors qu’ils l’appellent ficelle ? ça trompe tout le mond’ ça !

    Garance : Et si on va à Lyon et qu’on entre dans un bouchon, ils vont vous proposer : La Rosette, La cervelle de Canut , le tablier de sapeur.. Vous pensez tout d’même pas qu’il ont fait cuire une dame qui s'nomme  Rosette non ?  Et pareil pour l’ canut ; quant au tablier de sapeur…  Ces noms là sont des noms de mets locaux. Non mais ?

    Léonie : Ben moi j’ai jamais mangé de méloco, j’sais même pas à quoi ça r’ssemble un méloco. Oh  pi de tout’ façon comment vous voulez qu’on rentre à deux dans un bouchon, faudrait qu’il soit énorme dites ! En pus, moi qui suis claustrophone, j’me vois pas m’glisser comm’ ça dans un bouchon même énorme ! 

    Garance : C’était un exemple Léonie. N’en parlons plus. De tout’ façon on y va pas à Lyon !

    Léonie: (cherchant dans son sac à dos) Avec tout ça, où est-ce qui s’trouve c’lui-ci ? Ah  le v'là ! J’lai trouver mon châle.

    Garance: (Surprise)  Vous avez aussi apporter le sac à dos ? Eh bien vous vous  êtes pas embarquée sans biscuits vous hein ? 

    Léonie: Ah mais c'est ça ! J’me disais ben qu’avais dû oublier quèque chose, c’est les biscuits ! Mais dites, c'est pas un sac cadeau ce sac là hein, j’lai ach’té. Chez « Trouvetout » le magasin au coin de la rue des cauteleux. J’lai pas payé ben cher en plus. 

    Garance: J’vous crois allez ! C’est le contraire qui m’aurait étonnée vu l’sac !

    Léonie: Pourquoi y vous plait pas mon sac ? C’est p’têtre à cause de « Titi et Gros minet » qui sont d’ssus ?

    GaranceNon Léonie, c’est à cause qu’il à qu’une bretelle v’ote sac à dos ! La rue où vous l’avez acheté porte bien son nom ah ça oui alors !

    Léonie:  Oh ça c’est pas ben  grave allez, j’le porterai en pendouillière !

     GaranceAh pour pendouiller y va pendouiller c'est sûr !

     

    © Dominique

     

                                                                                             LES COMMERES VOYAGENT !A suivre 


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    LA FRANCE CELEBRE AUJOURD'HUI
    LES 400 ANS DE  LA NAISSANCE  DE  " MOLIERE "

    15 Janvier 1622  -   15 Janvier 2022

     

      
     
     

    " Jean-Baptiste POQUELIN "

       

    MOLIERE
    ( 1622 -1673 )

     

    Que ne vous doit-on pas Jean-Baptiste Poquelin
    Plus connu il est vrai sous votre pseudonyme
    Celui-là même, qu’un prix aujourd’hui éponyme
    Récompense de votre art le meilleur comédien
    Bien qu’étant avocat vous quittâtes la toge
    Pour suivre la femme aimée jouant sur les tréteaux
    Oubliant par amour le droit et le barreau
    Vous déclamâtes ensemble tant les vers que la prose
    Ce fut votre "Madeleine", mais après quelques années
    C'est une autre «  Béjart » que vous épousassiez
    Votre belle-fille de fait, puisque fille d'Armande
    Cet hymen-là fit dire aux esprits malveillants
    Que la jeune épousée eût pu être votre enfant
    Et cela vous valut  mauvaise propagande
    Mais retenons de vous que ce qui nous importe
    Il n’est point justifié de croire ce qu’on colporte
    Vous fûtes  mémorable comédien et auteur 
    Dans la Dramaturgie, dans le Tragi-comique
    Composant libellés et œuvres satiriques
    L’Avare, Amphitryon, Tartuffe ou l’Imposteur
    Vous moquâtes en vos pièces les travers de la cour
    Du Médecin malgré lui, du Misanthrope, Dandin
    Des Précieuses ridicules  aux Fourberies de Scapin
    Vous les brocardâtes tous et chacun à leur tour
    Le théâtre fut votre vie, il fut votre passion
    Jusqu’au  jour de l’ultime représentation
    Où la vie vous quitta devant tout un parterre
    Dans le fauteuil d'Argan, « Malade Imaginaire »
    Pour votre œuvre, votre talent
    Chapeau bas M'sieur MOLIERE ! 

     

    © Dominique 


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    UCHRONIE  

     

    Une « Uchronie » est un récit imaginaire, qui a pour point de départ un Événement Historique dont on modifie à sa convenance et selon son imagination, l'évolution et l’issue.

         

      

                             

    CROQUEURS DE MOTS : Défi 235

    Luigi Pirandello : Votre Majesté bien que nous ne vécûmes pas dans le même siècle et que nous fûmes depuis des lustres, tous deux  partis "ad patres" *, des "ouï-dire", qui circulèrent dans ma famille de génération en génération, pour parvenir jusqu'à moi, voudraient que vous ne vous fûtes pas fait occire, le 14 mai de l'an de grâce 1610 rue de la Ferronnerie, par François Ravaillac ; comme prétendu. Il semblerait que sur les ordres de votre prévôt et cela à votre insu ; quelqu'un, auquel on eut fait miroiter maints avantages et  que l'on eût pris soin de grimer à votre image,  prit alors votre place et qu'il ait  donc péri  sous les coups portés au travers de la fenêtre de votre carrosse. Pourriez-vous Sire, cela ne pouvant plus tirer à conséquence, m'en dire davantage à ce sujet ?  

    HENRI IV : Monsieur, je ne saurais dire pourquoi, mais votre visage ne m'est point inconnu. Nous serions nous déjà croisés Vous et Moi ?

    Luigi Pirandello : Croisés ! Cela est fort probable, mais uniquement dans l'une des diverses acceptions de ce terme Sire, mais jamais de visu.  Cependant, je me rends compte que j'ai failli à la plus élémentaire bienséance en ne me présentant pas à Vous et  je vous prie de m'en excuser. Je me nomme, ou plutôt me nommait, lorsque je vivais encore en " Le bas monde" : Luigi Pirandello. Dramaturge italien, prix Nobel de littérature, auteur et notamment, d'une pièce que j'écrivis en 1921 et à laquelle je donnai comme titre : Henri IV.* Sire tout en parlant, je vous observe et vous me paraissez songeur ! Se pourrait-il, que j'aie éveillé chez vous une quelconque curiosité ?

    HENRI IV : Pourriez-vous me faire part Monsieur Pirandello, de cette hypothèse que vos ascendants avaient fondée à mon endroit et qui s’est propagée jusqu'à vous ?

    Luigi Pirandello : Certes Sire, certes !  Il fut de tous temps prétendu, que la souche de notre famille était :  Votre Majesté !

    HENRI IV : Vous présumez donc, être l'un de mes descendants ? Je dois vous avouer que cela n'est pas impossible. Je ne sais comment votre parentèle est arrivée à cette conclusion, mais il est exact que je n'ai point perdu la vie ce jour de mai 1610, comme la grande Histoire le prétend. Au matin de ce funeste jour, où un homme innocent devait prendre ma place et, dont j’ignorais tout de la machination parbleu ! Il me fut interdit par mon Grand Prévôt : Joachim de Bellengreville,* en raison d'un rêve que d’aucuns prétendirent prémonitoire, de me rendre comme cela était prévu, à l’Arsenal, afin de m'entretenir avec le Duc de Sully, qu'une mauvaise grippe obligeait à garder le lit. Après mon prétendu assassinat, alors que mon bon peuple et mes proches pleurait ma mort, afin de corroborer mon trépas, on exigea de moi, que je fuie mon royaume en catimini, pour aller vers une destination dont on me laissa tout de même le choix ; mais avec pour seuls titre et nom, ceux de "Comte de Ravaner", l'anagramme de Navarre et cela pour y commencer une nouvelle vie. Mon choix se fixa sur l’île de Sicile et plus précisément dans la ville d'Agrigente, où vivait alors la dernière de mes soixante-dix-huit maîtresses: Charlotte de Montmorency*, princesse de Condé pour laquelle j’avais quelques mois auparavant, afin de pouvoir l'épouser, projeté de répudier Marie de Médicis. Charlotte avait à peine seize ans, elle était belle comme le jour. Je vécus là-bas auprès d’elle, un bonheur sans égal et, pour ma plus grande joie, moi qui déjà étais père de quatorze enfants, je le fus de nouveau, deux années plus tard alors que j’avais déjà atteint l’âge de cinquante-huit ans. En effet, Charlotte me donna deux fillettes Jeanne et Louise, prénoms de nos respectives mères. Des jumelles qui complétèrent mon bonheur. Je présume donc, que par cette filiation insulaire, vous fûtes l’un de mes descendants ?

    Luigi Pirandello : J'ose sincèrement le croire Sire !  Voilà pourquoi, lorsque vous avez pensé que nous nous étions peut-être croisés car mon visage ne vous était pas inconnu, j’ ai précisé dans une seule acception du terme. Je  parlais évidemment du croisement de nos gênes, par lesquels sont transmis les caractères héréditaires de l’individu, mais également la ressemblance. Mon visage ressemblant au votre, vous pensiez m’avoir déjà rencontré. Oserais-je, avant que nous nous quittions, vous demander Sire, en quelle année vous avez réellement quitté "le Bas monde" ? 

    HENRI IV : Osez ! Osez mon Ami ! Je l’ai quitté d’une façon tout à fait naturelle, à l’âge canonique de quatre-vingt-dix-sept-ans et ce, dans le mois de décembre de l’an de grâce 1650 quelques jours seulement,après avoir subi la perte cruelle de celle avec laquelle je vécus, quarante années d’un bonheur sans nuage et qui fut mon dernier grand amour. 

     

     © Dominique

     

    * ad patres : Partir chez ses ancêtre, dans l'Autre Monde.

    * Luigi Pirandello écrivit bien cette pièce Henri IV en 1921, mais celle-ci, fait référence à  Henri  IV du Saint Empire (1084-1105)

    * Joachim de Bellengreville, Grand Prévot de l'Hôtel du Roy chargé de la sécurité et de la police de la cour sous Henri IV.

    * Charlotte de Montmorency, princesse de Condé fut en effet le dernier grand amour  d'Henri IV (cependant platonique) qui avait 41 ans de plus qu'elle. Elle décéda réellement le 2 décembre 1650.

     


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  • LA PASTORALE PROVENCALE

     


    La pastorale

     

    Cette pièce de théâtre ( en 4 actes )

    Est une version vivante de la Crèche.

    Elle raconte le pèlerinage de

      Provençaux"

    truculents, pittoresques,

    vers BETHLEEM.

     

     

    C'est un spectacle traditionnel agrémenté de chants et de chœurs.

    De toutes les «  Pastorale » celle d'Antoine Maurel reste la plus célèbre. Il l’écrivit en 1844 et elle fut jouée cette même année,  à la rue Nau à Marseille.

    Depuis lors, elle est jouée
    ( en langue Provençale ) tous les ans dans les semaines qui suivent NOËL. 

     


    Premier acte

     

    L’Ange Boufaréou ( qui a les joues gonflées) annonce aux Bergers que le fils de Dieu va naître.

    S’ensuit alors la présentation des protagonistes de cette représentation de la Nativité. quelque peu « revue » mais si sympathique et agréable à regarder.

     
    Pimpara: Le rémouleur, qui aime la dive bouteille.
    Barnabeu Le Meunier : Homme paresseux, habitant seul le moulin avec son âne et son chien, depuis que sa femme l’a quitté. 
    L'aveugle : dont le fils a disparu et qui de fait, fut volé par le boumian
    Le boumian(bohémien) voleur de poules invétéré et qui terrorise la région.
    Le Gendarme : Qui est toujours aux trousses du boumian et qui ne le rattrape jamais

    Margarido : Femme âgée et acariâtre qui ne cesse d'invectiver son mari Jourdan

    Jourdan : Epoux de Margarido. Un Notable riche mais avare, au cœur dur, qui  refusa l’hospitalité à " Marie et Joseph " qui cherchaient un gîte.

    Mireille : Fille de Jourdan.

    Vincent : Tambourinaïre et, Amoureux de Mireille;

    Benvengu : Gendre (veuf) de Jourdan.

    Le Ravi : Candide et toujours heureux.

    Roustido : Célibataire endurci (voisin de Margarido et Jourdan).

    Honorine : La Poissonnière . Personne peu consciencieuse, qui depuis plus de vingt ans, vend son poisson alors qu’il n’est,  comment dire : Pas « de première fraîcheur» !

    Et les deux journaliers "innocents" 
    (« Fadas » comme ont le dit chez nous !) :

     

    Pistachié : L’époux d’Honorine, poltron s’il en est et,  qui se fera duper par le boumian à qui il vendra son ombre (son âme) contre une bourse d'argent.

        

    Et pour finir Jigèt, qui bégaye !

     

    Comme ont peut le constater, chacun des personnages à un défaut, un travers, ou un handicap.

     

    Deuxième acte


    Les bergers viennent au village apporter la bonne nouvelle et réveillent Margarido et Jourdan,( qui comme à l’accoutumée, sitôt levés, se chamaillent) ; Roustido, leur voisin et Pistachié. Tous prennent le chemin de Sainte l'Etable.


    Troisième acte

     


    Fatigués, les gens du village s'arrêtent dans la ferme de Benvengu pour se reposer. Benvengu, pour lequel, tout nouvel arrivant est prétexte à libations, s’en donne à cœur joie ! Ils sont tous très éméchés, lorsque les cris de Pistachié (que le boumian à jeté dans le puits) les dégrisent et qu’ils mettent tout en œuvre pour le sortir de cette mauvaise posture. Remis de leur émotion, Ils reprennent leur cheminement vers l’étable au dessus de laquelle resplendit une étoile.

     

                                      

    Quatrième acte 


    Tous arrivèrent auprès de la Sainte famille. Chacun, ayant apporté des présents pour l’Enfant. Divin. Eblouis par « Jésus », tous sentirent en eux, des changements se produire. En effet, dans sa mansuétude L’Enfant Roi, mit dans le cœur de chacun, des sentiments qu’il ne connaissait pas, ou ne connaissait plus.

    Le meunier devint un grand travailleur et, rentrant chez lui, trouva sa femme qui lui était revenue et à laquelle il pardonna. Le Boumian repenti, promit qu’il ne volerait plus et rendit son fils à l’Aveugle qui lui, par la volonté Divine recouvra la vue. La poissonnière devint scrupuleuse, Pistachié : courageux, Margarido et Jourdan se réconcilièrent enfin (et vivront dès lors en harmonie), Mireille épousera Vincent, car son père alors y consentit . Quand à Jigèt, perdant son bégaiement, il retrouva une élocution des plus naturelles. Tous sans exception, furent récompensés d’avoir si longuement marché, chargés de présents pour célébrer Jésus. Heureux, tous chantèrent  la gloire du Sauveur.



    © Dominique

     


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