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    L’Aveugle et les Bougons

     

    Sur un long banc de pierre un aveugle vint s’asseoir
    Ignorant se trouver tout près d’un auditoire
    D' hommes qui comme lui étaient venus chercher
    Sur ce siège le repos après un long trajet
    Le non voyant alors, s’adressant à son chien
    Lui dit:  Viens mon Médor, ici nous serons biens 
    Pour reprendre des forces et boire quelques gouttes
    Avant que de reprendre le cours de notre route !
    C’est alors que les hommes semblant ne point les voir
    A refaire le monde se mirent en devoir
    - Avez vous constaté dit l’un, ces constructions
    Qui poussent de nos jours comme des champignons
    Qui nous privent dit l'autre des îlots de verdure
    Et de tout agrément qu’offre aux yeux la nature
    Notre vie désormais est faite de béton
    Les petits pavillons laissant places aux bâtisses
    Il n’est tous alentours que de grands édifices
    Ne pourrait-on cesser cette dégradation
    Et je ne parle pas de l’inconscience humaine
    Qui veut que, quel que soit l’endroit où l’on promène
    Il se trouve toujours des décharges sauvages
    Pour déplaire à la vue, gâcher le paysage
    L’aveugle qui malgré lui entendit le dialogue
    S’adressa en ces termes à ces fins " psychologues "
    Excusez-moi Messieurs, pour mon inconvenance
    D' enfreindre ici les règles de toute bienséance
    En m’immisçant ainsi à la conversation
    Sans en avoir de vous reçu l’invitation
    Mais si vous permettez, souffrez alors que j’ose
    Dire que j’aimerais voir, ce qui vous indispose
    Le destin a voulu me priver de  vision
    Je n’ai vécu  dès lors que d’imagination
    Mon quotidien n’ayant que des formes factices
    Je ne sais ce que sont béton ou édifices
    Décharges, champignons pavillons et bâtisses,
    Car je  suis de naissance immergé dans le noir
    Tout me semblerait beau si l'on m'offrait de voir
    Ne fut-ce qu’un instant, voire quelques secondes
    Pour me faire une idée de ce qu’est notre monde   

     

    Sachons raison garder face au superficiel
    Quant il est tant de gens privés de l’essentiel !


     © Dominique

     


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    Liste des prénoms du mercredi 

    CHEZ JILL BILL 

     

    B E L I S A I R E

    LES PRENOMS DU MERCREDI : Bélisaire

    Bélisaire, commissaire divisionnaire, quinquagénaire, dont la tenue vestimentaire et, le chapeau masquant une chute capillaire lui donnaient l'air patibulaire; est certes, autoritaire, quelquefois atrabilaire, mais il  eut fort à faire avec ses auxiliaires , pour élucider l'affaire dite:  " De l'Antiquaire" .

    Dans une station balnéaire de Saint-Nazaire, non loin d'une agence bancaire d'un salon de thé dans lequel sa belle y sert,  et la boutique d'un libraire, se trouve une Galerie de caractère, d'un antiquaire. Le propriétaire, quadragénaire, à l'abondant argumentaire (lequel, un diamantaire, multimillionnaire et légataire héréditaire en a fait son dépositaire) est gestionnaire d'œuvres littéraires tricentenaires, d'échanges épistolaires de Voltaire, d'originaux d'Apollinaire, de manuscrits de Baudelaire… et de bien d'autres objets extraordinaires, dont des pièces en argent  plus que millénaires de "Clotaire". Une fin de journée, à une heure crépusculaire, sa locataire universitaire célibataire, aperçoit stationnaire, sous un lampadaire qui l'éclaire, le libraire solitaire. Mais bientôt à ce surprenant horaire, le rejoint une retardataire, en l’occurrence, une bibliothécaire honorable fonctionnaire venue prêter des exemplaires d'ouvrages concernant Voltaire, bien que cela ne soit pas règlementaire car elle en est mandataire. Mais tous ignorent alors, que le libraire dont le commerce est déficitaire est également un faussaire extraordinaire qui a  besoin de se refaire et, son savoir-faire pour contrefaire les échanges épistolaires du philosophe des "Lumières" et son paraphe de signataire, est pour lui une belle affaire pour pouvoir faire l'échange chez l'antiquaire. Élémentaire ! Mais lorsque fut fait l'inventaire, une lettre était excédentaire. Ce fait là, parut extraordinaire au fin limier qu'est Bélisaire, qui  transféra sans commentaire  le contestataire à la Judiciaire. Il n'y eut là rien d'arbitraire.

     

     © Dominique 


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     CROQUEURS DE MOTS DEFI N° 234

     

       proposé par 

    PETITES GRAINES

    Qui nous dit ceci : 

    Avec le coronarovirus, nous sommes contraints à limiter nos déplacements.J'en connais qui devaient découvrir Milan, d'autres New York et d'autres peut être Vesoul.Alors, je vous propose d'écrire une courte histoire (30 lignes maxi) sur une ville, une région, une montagne, tout simplement un endroit que vous connaissez ou que vous souhaiteriez connaître.Seule contrainte, vous mentionnerez  le nom d'un poète ou d'une poétesse dans votre texte   

     

    Ma Participation 

     

    « Tsarskoïe Selo »

     

    CROQUEURS DE MOTS  Défi : 234

     Les coupoles à bulbes d'Or de la chapelle

     

    De tous les voyages que j'aie eu la chance de faire, celui qui jusqu’à présent  m'impressionna le plus, fut sans contexte, celui que j’ai fait en  RUSSIE... Au fil de la Volga.

    MOSCOU : La Cathédrale de "Saint Basile le Bienheureux", la place Rouge, le Kremlin (une ville dans la ville), SAINT-PETERSBOURG et ses canaux, la Perspective Nevski, qui est sa principale avenue. ..Tout cela est d’une incroyable beauté. Cependant, puisque le défi exige que l’on mentionne le nom d’un poète, je parlerai alors de la ville, fondée au XVIII siècle et située à vingt -cinq kilomètres de Saint-Pétersbourg «Tsarskoïe Selo» (ou Ville des Tsars). Cette ville dans laquelle, de douze à dix-sept ans, Alexandre Pouchkine fit ses études au lycée Impérial. Pour honorer l'illustre  poète qu'il devint et célébrer le centenaire de sa mort, il fut donné en mille neuf cent trente-sept, à la ville de  «Tsarskoïe Selo»  le nom de : POUCHKINE.

    Dans la ville de POUCHKINE, outre les  jardins, les églises, il est un lieu qui éblouit par sa grandeur, sa magnificence, son faste : C'est  le Palais De Catherine I ère ( Impératrice de Russie et épouse de Pierre 1er, plus connu sous le nom de Pierre-Le-Grand). Cependant, ce fut sous le règne de leur fille Élisabeth Ire également Impératrice de Russie, que le palais acquit son apparence et son style actuel: baroque Russe (Style Élisabeth)  

    La façade de ce palais de trois cent mètres de long, aux couleurs  bleue et blanche est décorée d’Atlantes* Or et de diverses dorures sur toute sa superficie. Les coupoles à bulbes d'Or, de sa chapelle se découpant sur le bleu du ciel, sont somptueuses. L'ensemble me fit penser, si je peux me permettre cette comparaison, à un gigantesque entremets. ( Oui ! La gourmande que je suis à tendance à voir  des gâteaux partout ).  Et que dire des intérieurs du palais, dont la très célèbre "Chambre d'Ambre", sinon de leur attribuer les superlatifs mérités de : Grandioses, majestueux, impressionnants ou, tout simplement en un seul mot : Impériaux ! Le parc aux multiples parterres de fleurs, les lacs, les divers pavillons et gloriettes qui le composent, ne sont pas moins impressionnants. 

     

    CROQUEURS DE MOTS  Défi : 234 © Dominique

     Atlante*   Statue d'Homme (très légèrement vêtu) employée comme  colonne, comme soutien dans un ouvrage d'architecture

     

     

     

     

    Un des multiples
    Atlantes du Palais


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    Jean-Baptiste POQUELIN

      

     

     

    Que ne vous doit-on pas Jean-Baptiste Poquelin
    Plus connu il est vrai sous votre pseudonyme
    Celui-là même, qu’un prix aujourd’hui éponyme
    Récompense de votre art le meilleur comédien
    Bien qu’étant avocat vous quittâtes la toge
    Pour suivre la femme aimée jouant sur les tréteaux
    Oubliant par amour le droit et le barreau
    Vous déclamâtes ensemble tant les vers que la prose
    C'était votre "Madeleine", mais après quelques années
    Ce fut une autre «  Béjart » que vous épousassiez
    Votre belle-fille de fait, puisque fille d'Armande
    Cet hymen-là fit dire aux esprits malveillants
    Que la jeune épousée eût pu être votre enfant
    Et cela vous valut  mauvaise propagande
    Mais retenons de vous que ce qui nous importe
    Il n’est pont justifié de croire ce qu’on colporte
    Vous fûtes  mémorable comédien et auteur 
    Dans la Dramaturgie, dans le Tragi-comique
    Composant libellés et œuvres satiriques
    L’Avare, Amphitryon, Tartuffe ou l’Imposteur
    Vous moquâtes en vos pièces les travers de la cour
    Le Médecin malgré lui, le Misanthrope, Dandin
    Des Précieuses ridicules  aux Fourberies de Scapin
    Vous les brocardâtes tous et chacun à leur tour
    Le théâtre fut votre vie, il fut votre passion
    Jusqu’au  jour de l’ultime représentation
    Où la vie vous quitta devant tout un parterre
    Dans le fauteuil d'Argan, « Malade Imaginaire »
    Pour votre œuvre, votre talent
    Chapeau bas M'sieur MOLIERE ! 

     

    © Dominique 


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  • Liste des prénoms du mercredi 

    CHEZ JILL BILL 

     

    F R E D E G O N D E

    " Le Garçon manqué" (1873)
    Peinture de John George Brown

    Frédégonde petite fille turbulente, véritable garçon manqué, ne perd jamais l'occasion d'avoir une punition. Ce matin-là, après avoir à grand peine agi sur le pêne du portillon du clapier, Frédégonde  le dégonde alors qu'il est peint  de frais. Mais celui-ci  dégondé, Frédégonde se fait gronder :

    - Frédégonde cria sa tante,ce portillon, ton tonton l'a peint, l'a placé  tôt ce matin  afin que ses lapins ne puissent s'échapper. Pourquoi donc l'as tu ôté alors qu'il est à peine peint. Tu es culottée !

    - Oh Tata j'ai un tonton lapin ?  S'écria  Frédégonde ravie ; alors il est retourné lui aussi dans le clapier. Dis montre le moi ! Et si tu dis que c'est ses lapins, ça veut dire que c'est ses enfants ! Alors tous ces petits lapins sont mes cousins  chic alors !

     Puis aussitôt la petite Frédégonde se mit à pleurer.

    - Pourquoi  pleures-tu  demanda sa tante !

    - Parce que je croyais que le portillon était à toi,Tata répondit Frédégonde.  Je savais pas qu'il était à Pènepain, il va me gronder  dis ce Monsieur là ? Et puis tu as dis aussi que je suis culottée. Eh ben. . . Ce matin,  j'ai pas encore mis ma culotte.

     

    ©  Dominique 

     


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