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    Dame !  Qui sommes-nous ?

     

    Nous sommes des amies cependant dissemblables
    Mais l’on ne peut voir l'une, sans que les autres n' y soient
    La fortune fait pourtant, que nous sommes parfois
    Les unes envers les autres, adversaires redoutables
    L’on peut nous croire légères, car passons de mains en mains
    Mais  ensemble nous disons, d’une seule voix, en chœur
    Ne vous y trompez point ce serait une erreur
    Nous sommes gentes Dames, épouses de souverains !
    Je me nomme Judith ma qualité première
    C’est que d’être indulgente et d'avoir un grand Cœur
    Argine est romantique, c'est très évocateur
    Elle n’aime rien tant, que Trèfle et champs de fleurs
    Pallas est mal aimée, cela est affligeant
    Quand elle lance une Pique ce n’est pas très méchant
    Quand à Rachel la douce elle est pusillanime
    Craintive, un rien l’effraye elle fuit aussitôt
    Où bien elle défaille et tombe sur le Carreau
    C’est son Valet Hector, qui alors la ranime
    Quant aux Rois nos époux
    Charles, Alexandre, David,  César
    Ils passent tout leur temps en des jeux de hasard

     

    © Dominique

     

    Mes Poèmes : Dame ! Qui sommes-nous ?

     

     

     

     


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    LE MEUBLE

     

    Je suis meuble possédant diverses formes et tailles
    A mes balbutiements je n’étais que de paille
    Ulysse me tailla dans un tronc d’olivier
    Il n’aurait pu le faire dans un palétuvier
    Je fus nommé Lectus dans la Rome dite antique
    Mais devins par la suite beaucoup plus romantique
    Sous Louis XV l’on dit que je suis  en corbeille
    L’on me pare de brocard et de soie nid d’abeille
    De tout temps je perçus de la jeune épousée
    Ce grand trouble inhérent à la « Chose » ignorée
    Spectateur malgré moi de ces corps qui s’étreignent
    Et qui dans le plaisir à la morale enfreignent
    Je suis témoin muet de la parturiente
    De ses cris de douleurs à l’heure où elle enfante
    Tout autant que celui de ce vagissement
    Le tout premier que pousse à la vie un enfant
    On m’attribue moult noms, l’on me dénomme cage
    Lorsque je suis celui d’un enfant en bas-âge
    Quand je suis de douleurs, l’on dit que je suis blanc
    Et dans un corps de garde je me nomme de camp
    Si à moi un semblable s’emboite sans vergogne
    On me désigne alors sous le nom de gigogne
    Sans pour le moins du monde vouloir vous offenser
    Par toutes les épithètes que je vous aie données
    Je termine en disant pour clore celles-ci
    Qu'en moi l’on Nait, l’on Aime et l’on Finit sa Vie
    C’est sur moi que l’on dort car mon nom est : Le LIT !

     

     © Dominique

     


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  •  Une UCHRONIE est la reconstruction fictive de l'histoire, relatant les faits tels qu'ils auraient pu être et qu'ils n'ont pas été

     

    GAVROCHE

     

    Des deux pièces qui battaient maintenant la barricade de la rue de la Chanvrerie, l'une tirait à mitraille, l'autre à boulet…..

    Combien de fois avais-je lu "Les Misérables", je ne saurais le dire, mais j'en connaissais toutes les répliques et ce passage là, m'émouvait toujours autant. C'était celui là même où, les insurgés manquant de cartouches, Gavroche courageusement, s'apprêtait à allez en chercher au péril de sa vie. Dans quelques lignes il sautera de la redoute dans la rue et sa jeune vie sera fauchée en dépit de son courage. Pauvre gosse pensais-je, si quelqu'un avait pu le voir avant qu'il ne commette cette action. L'ai-je pensée très fort, trop fort, peut être, je ne sais pas. Quoi qu'il en fut et, aussi surprenant que cela paraisse, je me suis aussitôt retrouvée sur la barricade auprès de l'enfant.

     - Mon petit ! Criais-je. Ne fais pas cela !

    Le garçonnet tenant le panier qui devait lui servir à récupérer les cartouches qu'il s'apprêtait d'aller récupérer sur les corps des gardes nationaux, se retourna vivement et je vis son regard, traversé par un éclair de surprise. Une femme se dressant face à lui sur la barricade dans le grondement du canon et le fracas de la mitraille, ce n'était pas courant, mais de plus, vêtue d'un "sweat -shirt" et d'un "legging", cela avait en effet de quoi surprendre. Il ouvrit de grands yeux et, me toisant dit alors :

    - Citoyenne ! Primo je ne suis pas vôtre p'tit et secundo, ce n'est pas une femelle qui va me dire ce que je dois faire. Pigé !

    - Gavroche ! Insistais-je. Il ne répondit pas. Alors sachant que le temps m'était compté et, voulant à tout prix l'empêcher de commettre l'irréparable, je me saisis vivement de son panier. 

    - C'était donc ça ! S'exclama-t-il - En voila de vilaines façons,s'attaquer à un loupiot pour lui prendre son bien. Vrai ! Si j'en avais pas un besoin urgent je vous l'aurais offert citoyenne, mais il m’est trop nécessaire. Au fait ! Comment vous connaissez mon blaze ? Je vous ai jamais vue ! Faut dire, qu'accoutrée de la sorte, j'vous aurais pas oubliée pour sûr. Mais j'ai assez jacté, faut qu'je décanille.

    En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il sauta dans la rue et rampa jusques aux gardes nationaux qui gisaient au sol. Je savais pouvoir le suivre sans risque, nulle femme ne fut jamais mentionnée dans l'œuvre de Victor Hugo et, ce fut ce que je fis. Je le suivis à travers l'écran d'une épaisse fumée qui avait envahi la rue. Il rampait, se relevait, sautait, courait, allant de l'un à l'autre, vidant dans son panier gibernes et cartouchières. Deux balles furent tirées dans sa direction sans pour autant l'atteindre. L'enfant vit que les tirs provenaient de la banlieue et c'est à la vue des gardes nationaux qu'alors, mains sur les hanches et cheveux au vent, il se mit à chanter en les narguant. Sa fin était proche. N'étant pas parvenue à lui éviter cela, je courus jusqu'à lui, ne voulant pas qu'il meure seul. C'est alors qu'une balle claqua et l'atteignit. Touché au font, il s'affaissa mais se redressant hardiment, il continua à chanter :

    Je suis tombé par terre,
    C’est la faute à Voltaire,
     

    Arrivée auprès de lui, sans mot dire, je lui pris la main. Le regard déjà voilé par le spectre de la mort, il esquissa un faible sourire et pressa fort la mienne. Dans un dernier sursaut d'une volonté surhumaine il poursuivit :

    Le nez dans le ruisseau
    C’est la faute à...

    Une autre balle stoppa net les derniers mots. Il s'abattit face contre terre, la vie l'avait quitté. Mon visage contre le sien, entre deux sanglots je murmurai alors:

    C'est la fau..te à Rou.. sseau !

     

     

    © Dominique


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  • L'  IMPROBABLE  DIALOGUE

    Ou

    " Du Roi Soleil  à  Plein Soleil "

    Plantons le décorNous nous trouvons  un 14 juillet , lors de la célèbre "Garden Party"   de l'Elysée  où,  un  dialogue  aussi improbable qu'insolite, s'engage  entre le Roi Soleil et l'acteur Alain Delon.                                                              

     

     ♦  ♦  ♦  ♦   ♦

                                                                     

    Louis le XIV ème regarda  ébahi,  la foule se trouvant massée autour de lui. Il n'eut pas souvenir qu'en ce jour il offrait une fête à certains de ses nombreux sujets. Du reste, il trouva saugrenu la façon dont tous étaient vêtus. Étaient-ils costumés ? Il avisa le parc qu'il jugea étriqué. Mais où donc était l'autre ? Il ne restait plus rien des jardins de "Le Nôtre ". Point n'était de bassin, juste quelques jets  d'eau, un modeste palais en guise de château dont les murs uniformes étaient peints en grisaille où donc était passé  le faste de Versailles? Que voulait dire cela ? Ce fut à cet instant de sa cogitation que s'approcha de lui, Monsieur Alain Delon (venu accompagné de Mireille Darc à cette réception et qui, sous Le Choc croyant à une vision  quitta les gens auxquels il faisait conversation à savoir : Rocco et ses frères, Monsieur Klein,la Veuve Couderc. Le monarque l'interpella alors .

     -Où sommes-nous Monsieur? Et qui est l'homme rond parlant, gesticulant, là-bas sur le perron  ?   

    - Ce petit homme rond, est notre chef d'État ! Lui répondit Delon. 

    - L' État c'est Moi!  Et sachez Monsieur que je n'ai point de chef.   

      Rétorqua à Delon le grand roi derechef.

     - Vous le fûtes Majesté, en effet vous le fûtes ! Et soyez assuré que nul ne le réfute, cela fait bien des lustres  mais la France se souvient que vous fûtes de tous, l'illustre souverain ! Quant à savoir où nous sommes;  je répondrais en somme: A l'Élysée * !

    Ah ! Songea alors le  monarque après cette remarque, nous sommes donc trépassés ( puis s'adressant à l'acteur )

    - Je ne vous connais point à qui ai-je l'honneur ? 

    - Je m'appelle Delon. Alain Delon ! 

     Aparté :   Acte manqué ? Eut-il aimé incarner James Bond ? 

     - D' Éon !  Vous êtes donc ce chevalier qui aimait à se vêtir en femme ?

    - Alain Delon en femme ? Majesté c'est infâme ! Delon est séducteur  autant que vous le fûtes. Dire cela à Delon c'est bien la pire insulte ! En outre, l'une de ses anciennes compagnes, vous diriez " favorites", aujourd'hui l'accompagne. C'est Mademoiselle Darc !

     -  Jehanne qu'on brûla  à Rouen ?  On la disait pucelle pourtant !

     - Mais enfin Majesté comment donc serait-ce elle ?  Il s'agit de Mireille actrice  exceptionnelle, tout comme je le fus !

     - Ah je vois ! Vous jouâtes tous deux dans la troupe de Molière notre grand dramaturge. Dans Dom Juan, peut-être, Amphitryon,George Dandin , Le Sicilien ... ?

    - Sire Alain Delon s'insurge ! Vous vous moquez de lui, il ne supporte pas, même si la raillerie émane d'un grand Roi. Non tous deux sévissions d'une façon altière dans l'art, créé par les Lumières. Le " Cinéma" ! Et, si Alain Delon ne joua pas le " Sicilien " il joua cependant dans leur clan qui fut sien, dans un film éponyme et sous son patronyme. Delon rajoutera Sire , afin de dissiper une quelconque équivoque, qu'il y eut analogie en nos vies réciproques. Votre magnificence naquit du "Roi Soleil", celle d'Alain Delon du film "Plein Soleil" qui, sa modestie dut-elle en souffrir, le fit considérer par "l'Empire du soleil levant" non comme Le Samouraï, mais comme un dieu vivant ! Je suis natif de sceaux, où votre ministre Colbert possédait un château. Delon comme vous l'êtes est mondialement connu, notre notoriété nous porta vers les nues.

    - Je  suis marri Monsieur de vous avoir vexé, là n'était point mon but soyez-en assuré ! J'ai ouï dire, qu'au siècle des Lumières, les philosophes prônaient raison, tolérance, humanité. Le Cinéma  par contre, là, vous me l'apprenez !

     - " Roi Solei" certes, mais pas des plus brillants si Delon peut se permettre, ou du moins pas des plus éclairés, car Votre Majesté encore une fois, confond  comme il le fit pour Darc, avec ces deux "Lumières". Mais Alain Delon doit mettre un terme à l'entretien et au plaisir  d'avoir par un bien grand prodige, croisé votre chemin. Alors adieu Sire vous-dis-je ! Car mon immense talent et ma grande renommée me valent en ce jour d'être fait chevalier (de la légion d'honneur)

    Louis XIV vit à cet instant précis, s'embraser le ciel  d'un gigantesque Soleil Rouge qui n'était autre que le feu d'artifice tiré depuis le Champs de Mars en ce quatorze juillet.

    - Ho ! - Paris brûle-t-il ? 

    - Non Majesté nous célébrons ainsi chaque année  Notre Histoire !

    - On dirait le Plein Soleil ; Quelle joie de Vivre !

    Sur ces mots Alain Delon, L'Homme pressé, pris congé du Monarque qui, lui cédant Le passage rétorqua en monarque :

    - Eh bien alors allez ! Allez donc Chevalier Delon et à l'espoir de nous revoir !

    Ce à quoi, toujours simple, Delon répondit :

    Puisque nous sommes tous deux de La race des seigneurs, je vous dis donc: Adieu l'ami !
     

     

    © Dominique

     

      * Les termes écrits en cette couleur sont des titres de films dans lesquels joua Alain Delon 


     * L'Élysée: Dans la mythologie antique,était le lieu où les héros et les gens vertueux, goûtaient le repos après leur mort.

     


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    CANDEUR 

     

    Dis donc petit canard, faut pas que tu aies peur 

    T’as perdu ta  maman, tes frères et tes sœurs ? 

    Ne sois donc pas inquiet ce n’est pas une déroute 

    A nous deux tu vas voir on va trouver leur route 

    Faut pas être craintif, j’ai mangé mon Ronron 

    Puis de toute façon j’aime pas le caneton 

    Qu’il n’y ait pas de méprise, je veux dire en repas 

    Faut pas croire ce qu’on dit sur nous autres les chats 

    Tu trembles de toutes tes plumes et tu claques du bec 

    Je  ne te fais pas là quelques salamalecs 

    J’ai rétracté mes griffes pour que tu n’aies pas mal 

    Pour ne pas te blesser par ce geste amical 

    Tu es surpris je sais, tu te demandes pourquoi 

    Un petit félidé se soucierait de toi 

    Eh bien un jour sais-tu, j'ai perdu ma Maman

    Je l'ai cherchée partout, je l'ai cherchée longtemps

    Parce que j'étais tous seul, je ne l'ai pas trouvée

    Alors si t'es d'accord je vais t'accompagner

    Tu verras qu'à nous deux, on va y arriver !

     

     © Dominique

     


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