•  

    Les chevaliers disaient que leur " Epée" avait une âme

     

     

     
    Imaginons dès lors, qu’elle  fût  également dotée  de parole et qu’entre les  plus célèbres d’entre elles,  furent 
    échangé ces propos :

     



    Je me nomme
    JOYEUSE

     

    Et fus de Charlemagne la fidèle compagne

    Toujours à son côté ou au creux de sa main, j’ai fait maintes campagnes

    J’avais un tel éclat que les rangs ennemis en étaient aveuglés

    Et dans mon pommeau d’or, mon Roi fit enchâsser

    La pointe de la Lance, par laquelle Jésus  eut le flanc transpercé

     

    ♦ 

     

    Moi je suis DURANDAL

     

    Au nom de Roland je reste attachée

    Alors que Ganelon de sa mort fut la cause

    Mon Maître, jeune paladin, avant de trépasser

    Craignant qu’une   main   ennemie un jour sur moi se pose

    Préféra me briser en frappant le rocher

    Sous le coup asséné, ma lame résista

    Et ce fut le rocher qui en deux se brisa

            Grâce à l’aide divine je fus alors lancée

          A des miles du lieu, de par les Pyrénées.

            Et je vins me ficher en haut d’une muraille

              Laquelle porte encore en ce siècle la faille

     

    ♦   

     

    Et  moi  EXCALIBUR  

     

    Epée du Roi Arthur  

    Que Merlin quand mon Maître était encore enfant

    Eut  plantée dans un roc duquel tous les puissants

    S’évertuèrent en vain à tenter de m’ extraire

    Car il était écrit que je ne serai  brandie

    Que par le souverain de ce puissant pays

    Je le fus par l’enfant illégitime d’Uther

    Qui par la prophétie succéda à son père

     

     

    Mon nom est  TIZONA

     

    L’épée de Don Rodrigue

    Chevalier Castillan que l’on nomma : Le Cid

    Ma poignée et ma garde sont en cuivre doré 

    Et ma puissante renommée

    De tous les adversaires me faisait redouter

    Il me suffisait d’apparaître

    Pour qu’aussitôt naisse la crainte

     



     

    Je m'appelle  ASCALON

    Par la main  de « Saint Georges » j'ai vaincu le Dragon 

     

     

     

     

     

      © Dominique


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    GANIVELLE 

    21ème ganivelle

    Ganivelle dans le vallon du Stangalar à Brest  photo Jalm  ( BlogTempestif)

     

    TEMPS PESTIF

      Nous dit ceci :

    Composez trois tercets (strophes de trois vers)  d'heptamètres (vers de sept pieds)
    sur deux rimes aba dont la première est féminine. 

    Pour le deuxième et troisième tercet, reprenez alternativement comme troisième vers le premier vers et le troisième vers du premier tercet. Puis composez un quatrain (strophe de quatre vers) de rimes abaa, dont les deux derniers vers seront le premier vers et le troisième vers du premier tercet.

    Glissez où vous voulez le mot "ganivelle" *( Clic)  et vous obtiendrez une petite villanelle *  (Clic) que  j'appellerais bien une "ganivelle" comme celle-ci :

     

     

    Voici ma participation

     

    Pour franchir la ganivelle
    Et récupérer mon oie
    J’empruntais une escabelle

    Tentative ascensionnelle
    Que je dus tester deux fois
    Pour franchir la ganivelle

    J’y trouvais la damoiselle
    Pour la ramener chez moi
    J’empruntais une escabelle

    Mains occupées je chancelle
    Mais nécessité fait loi
    Pour franchir la ganivelle
    J’empruntais une escabelle

     


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    La Mort de Narcisse !

    Tableau de John William Waterhouse

     

    LA MORT DE NARCISSE

     

    Répond donc à mes vœux Ô Source Liriopé 
    Car j’ai enfin trouvé en ton doux ondoiement
    L'être qui prit mon cœur et que je  veux aimer
    Et duquel pour toujours je veux être l'amant
    La beauté de ses traits et unique à mes yeux 
    Incomparable à celle des Déesses et des Dieux
    Mais sitôt que j’avance ma main pour le saisir
    Le voilà qui s'enfuit, je ne le peux tenir
    Ô Source je t’en prie répond à ma prière 
    Libère de ton lit celui dont la lumière
    A su toucher mon cœur frappé par Cupidon
    Car il est de ma vie l’exclusive raison
    Depuis des jours déjà, je viens et je me penche
    Sous tes  eaux je le vois et mon amour s'épanche
    J'admire son visage,  je reste et  le contemple
    N'ayant vu aussi beau dans le Naos des temples
    Je lui offre mes sourires, le dévisage, l’admire
    Il  me fait don des siens mais n’a rien à me dire
    Fait qu’il prononce un mot, une simple parole
    Que j’entende de sa voix un son je me désole
    De n’être point aimé et payé de retour
    Par celui qui suscite les passions de l'amour
    Moi qui fut de tout temps un sujet d’attirances
    Qui aie des déités refusé les avances
    Voilà que je me trouve à mon tour rejeté
    Je sais à cet instant qu'on peut mourir d’aimer
    A toi donc bel éphèbe qui te joue de ma peine
    Souffre que désormais avec toi j’appartienne
    Au monde des Naïades auquel tu appartiens
    Puisque tu te refuses à celui des humains
    Et puisque ton amour je ne peux obtenir
    C’en est fait de ma vie, je préfère mourir

     


    © Dominique

     

     


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    Grand Mère

     


    T
    u avais le pas lent, la démarche gracile
    Le port de tête altier des femmes de notre île
    Ton visage était fin, ton sourire charmant
    Et ton front était ceint de jolis cheveux blancs
    Je t'ai toujours connue vêtue de noir, grand-mère
    Car tu portais le deuil, de ton mari, tes frères…
    Et comme pour chacun, tu le portas des années
    Quand tu le pris un jour, ce fut pour le garder
    La seule touche claire, que tu te permettais
    C'était quelques fleurettes, ornant tes tabliers
    Qui protégeaient tes mises simples et sans atours
    Et te paraient pourtant,  plus que Robes de Cour
    Ta grâce était innée, on t'appelait « Comtesse »
    Tu n'appartins pourtant  jamais à la noblesse
    Et bien que tu sois née sur la  Terre des Seigneurs *
    La seule vraie noblesse, fut celle de ton cœur
    Tu étais effacée, délicate et discrète
    Je n'étais qu'une enfant et souvent je regrette
    De n'avoir pris le temps, ou n'avoir pas osé
    Sur ce que fût ta vie, des questions te poser
    Quand tu quittas ce monde, j'avais juste quinze ans
    Je t'aimais tant, grand-mère, que bien naïvement
    Je te fis la promesse, que je déposerai
    Sur ta tombe, en offrande, mon "Bouquet de Mariée"
    Je suis vieille à présent et cela est très loin
    Quarante ans sont passés, pourtant je me souviens
    Que cette promesse faite, je ne l'ai pas tenue
    Car de mari, grand-mère ! ... Je n'en ai jamais eu
                                                   
     

    2003

      © Dominique   




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    Rencontre entre un Personnage et son Auteur

     

    LES CROQUEURS DE MOTS : Défi N° 160  "Un Personnage sort du Livre"

    Hercule  POIROT

     

    Mes posthumes hommages Miss CHRISTIE ! Ou plus exactement « Dame » CHRISTIE, puisque vous reçûtes  en 1971 cette distinction des mains de la reine Elisabeth II . 

    Je naquis sous  votre plume en 1920 et pour cela ma  reconnaissance vous sera éternelle. Éternelle, mot on ne peut plus adéquat, puisque après m'avoir donné la vie vous me l'ôtâtes en me faisant trépasser en 1975. Un an seulement, avant votre propre trépas. Je n'aurais jamais pu concevoir que les personnages naissants de l’imaginaire d’un auteur puissent prendre vie dans un ailleurs inconnu de tous et pourtant je dois me rendre à l’évidence, puisque je vous rencontre aujourd’hui dans ce monde que l’on dit meilleur. Toutefois, puisque cette opportunité m'est offerte me permettrez-vous quelques petites observations, Dame CHRISTIE, (déformation toute professionnelle, oserais-je dire) quelques petites objections ?  Vous pûtes, (Pardonnez à ce "passé simple" qui flirte avec  la goujaterie tout autant qu'avec la trivialité, mais ayant vous-même décidé que, né à Bruxelles, le Français serait ma langue maternelle; c'est donc dans le pur respect de cette langue que je m'adresse à vous). Vous pûtes, disais-je, ne pas m'octroyer cette allure guindée, cette démarche quelque peu efféminée et surtout cette fatuité qui caractérise mon personnage. Mes investigations de fin limier, n'en n'eurent aucunement souffert. En effet, vous fîtes de moi, un égocentrique aimant les flatteries, un  être infatué de sa personne, (ne se couchant jamais sans ses pinces à moustaches et un filet  pour maintenir les quelques rares cheveux qui n'avaient pas encore déserté son crane). Superficiel et précieux, ne parlant de lui qu'à la troisième personne et vantant sans cesse sa grande intelligence et les capacités de "ses petites cellules grises". Ah ! Très chère "Dame" que j'eusse aimé, ne fût-ce que le temps d’un roman, avoir; sinon l'apparence physique, (ma taille ne l'eût pu prétendre, bien que mon prénom lui, l'eût pu  laisser croire), mais du moins, le caractère d'un Jules MAIGRET. Cet homme bourru et flegmatique, grand amateur de pipe et de bière, friand de bonne chère... Et point, ce petit bonhomme étriqué à la tête ovoïde, vaniteux  et coquet. Je ne voudrais surtout pas que vous puissiez imaginiez que j'eusse préféré avoir été créé par Georges SIMENON plutôt que par vous, Dame CHRISTIE ! Vous qui à juste titre, êtes considérée comme l'auteur Anglo-Saxon, le plus lu, après William SHAKESPEARE et devoir de ce fait,  rajouter à la liste de ce que je considère comme "mes défauts", celui d'ingratitude. Non ! Indubitablement non ! Je fus malgré ceux-ci, très honoré d'être né de votre fertile imagination et, vanité oblige, d'être à ce jour, grâce à vous, le  seul personnage de fiction dont le " New York Times " publia  le 6 août 1975, la nécrologie. 

      

     © Dominique


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