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    L’Aveugle et les Bougons

     

    Sur un long banc de pierre un aveugle vint s’asseoir
    Ignorant se trouver tout près d’un auditoire
    D' hommes qui comme lui étaient venus chercher
    Sur ce siège le repos après un long trajet
    Le non voyant alors, s’adressant à son chien
    Lui dit:  Viens mon Médor, ici nous serons biens 
    Pour reprendre des forces et boire quelques gouttes
    Avant que de reprendre le cours de notre route !
    C’est alors que les hommes semblant ne point les voir
    A refaire le monde se mirent en devoir
    - Avez vous constaté dit l’un, ces constructions
    Qui poussent de nos jours comme des champignons
    Qui nous privent dit un autre des îlots de verdure
    Et de tout agrément qu’offre aux yeux la nature
    Notre vie désormais est faite de béton
    Les petits pavillons laissant places aux bâtisses
    Il n’est tout alentour que de grands édifices
    Ne pourrait-on cesser cette dégradation
    Et je ne parle pas de l’inconscience humaine
    Qui veut que, quel que soit l’endroit où l’on promène
    Il se trouve toujours des décharges sauvages
    Pour déplaire à la vue, gâcher le paysage
    L’aveugle qui malgré lui entendit le dialogue
    S’adressa en ces termes à ces fins " psychologues "
    Excusez-moi Messieurs, pour mon inconvenance
    D' enfreindre ici les règles de toute bienséance
    En m’immisçant ainsi à la conversation
    Sans en avoir de vous reçu l’invitation
    Mais si vous permettez, souffrez alors que j’ose
    Dire que j’aimerais voir, ce qui vous indispose
    Le destin a voulu me priver de  vision
    Je n’ai vécu  dès lors que d’imagination
    Mon quotidien n’ayant que des formes factices
    Je ne sais ce que sont béton ou édifices
    Décharges, champignons pavillons et bâtisses,
    Car je  suis de naissance immergé dans le noir
    Tout me semblerait beau si l'on m'offrait de voir
    Ne fut-ce qu’un instant, voire quelques secondes
    Pour me faire une idée de ce qu’est notre monde   

     

    Sachons raison garder face au superficiel
    Quant il est tant de gens privés de l’essentiel !


     © Dominique

     


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    " MES  FABLES " 

     

    Le MYOPE et  Le MULET

     

    Mes Fables :Le Myope et le Mulet


     Un jour dans un village un noble s’ arrêta
    Devant une écurie, cherchant une monture
    Noble il l’était ma foi, mais hélas la nature
    Ne l’avait point pourvu d’innombrables appas
    Il était disgracieux autant que l’on peut l’être
    Fluet était son cou, démesurée sa tête
    Pour aussi gros qu’ils soient, ses yeux exorbités, 
    Avaient de Dame taupe, l’identique acuité
    Marchant à l’aveuglette il avait bien du mal
    A choisir pour la route un fringant animal
    Ce qui, au maquignon pensant à la déveine 
    De n’avoir qu’un mulet, bien sûr parut aubaine
    Et quand le gentilhomme demanda à choisir
    C’est de notre mulet qu’il s'en alla quérir

     

    - Permettez Monseigneur, j’ai pour vous fait ce choix
    Mon meilleur élément, vous ne regretterez pas !
     

    Le noble s’en saisit et s ‘en allait flatter 
    De la paume de la main la tête de l’équidé
    Quand l’homme, qui eut  soin, de rabattre en arrière
    De l’animal hybride  les trop longues oreilles
    S’empressa de parler pour faire diversion
    Et détourner ainsi de notre homme l’attention

     

    - Jai peine à vous le vendre, car j’y suis attaché
    Cest une belle bête, j’aurais l’aimer garder
    Mais vous me plaisez bien et je m’en vais faire taire
    Mes sentiments afin que vous fassiez affaire !

       

          Le myope trop heureux enfourcha la monture
    Qu’il paya aussitôt pour la vente conclure
    Il se félicita de son acquisition
    Pensant avoir fait là, bien bonne opération
    Au sortir du village, bien vite il déchanta
    Notre fringant coursier, marchait seulement au pas
    Et lorsqu’il dut montrer son mécontentement
    A défaut de hennir , il n’émit qu’un braiment

    - 

    Quand vous traitez affaire, faites en sorte de grâce
    De ne pas devenir le Dindon de la farce !



          © Dominique


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    Aux Temps Jadis 

    Mes  Fables : Aux temps jadis

    Peinture de Julien Dupré (1851-1910 )

     

    Aux temps jadis vivaient, dans une humble chaumière 
    Un couple de bergers et leur fille, bergère 
    La jeune fille était douce, sage et amène 
    Et malgré sa beauté, la simplicité même 
    Un jour qu'elle veillait à ce que paisse son troupeau 
    Non loin d'elle se trouvait un garçon jeune et beau 
    Elle ne le vit point, car il était caché 
    Derrière les rameaux d'une haute futaie 
    Agile elle sautillait et chantonnait gaiement 
    Tandis que ses cheveux s'ébouriffaient au vent 
    Le jeune homme admirait le merveilleux tableau 
    De cette adolescente, vêtue que d'oripeaux 
    Mais qui avait une grâce innée, si naturelle 
    Et qui le changeait tant de toutes ces donzelles 
    Cérémonieuses, guindées, fardées, trop bien coiffées  
    Rien ne lui plaisait plus, que la simplicité 
    Bien qu'il craignit qu'elle fuit ou qu'elle fût effrayée 
    Sortant de sa cachette il osa l'aborder 
    - Pourriez-vous Jeune Fille, me dire si dans le val 
    Coulerait un ruisseau où boirait mon cheval ? 
    - Le ruisseau est trop loin, mais venez donc chez nous 
    Il y a de l'eau pour lui et du bon vin pour vous ! 
    Ce qui fut dit fut fait et depuis ce jour-là 
    Ils devinrent amis et même,  plus que cela 
    Mais lorsqu'il lui fit part, de son titre nobiliaire 
    Elle ne supporta plus, que d'être roturière 
    Voulant donner le change quant à sa condition 
    Elle désira quitter, chaumière et moutons 
    Et se voulut vêtir comme ces jeunes filles 
    Qu'elle voyait partout déambuler en ville 
    Leur ressembler en tout, elle n'aspirait qu'à ça 
    Ce qu'abhorrait l'galant, sans qu'elle s'en doutât 
    Élégamment vêtue, elle fut si transformée 
    Qu'elle perdit sa candeur, sa spontanéité 
    Tout ce que le jeune homme, avait aimé en elle 
    Par voie de conséquence, elle le perdit aussi 
    Devenue comme les autres, il n'en fut plus épris 
    Toutes ces transformations nuisirent à ses desseins 
    Car le Mieux trop souvent, est l'ennemi du Bien ! 

     

      © Dominique  


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     " MES  FABLES " 

     

      Je demande excuses à
    " Monsieur De La Fontaine "
    de m'être permis d'imaginer à sa Fable 
    "La Cigale et la Fourmi"
    Une suite . En quelque sorte...
     " La Réponse du berger à la bergère  "
    A savoir, ce qu' aurait pu répondre la Cigale
    A cette provocation verbale.

     

     

       La Cigale  A  La Fourmi  

    Mes Poèmes : La Fourmi  A  La Cigale

      Vous me commandez de danser
    Serait-ce « Devant le Buffet » ?
    Petite bestiole mesquine
    Que tantôt je nommais voisine
    Est-ce là tout votre bon cœur ?
    De par le vœu du créateur
    Je chante, égale à mon engeance
    Et ne nie point cette évidence
    Mais cela peut-il justifier
    La façon dont vous me traitez
    Sachez que mes stridulations
    Quand revient la belle saison
    Se font entendre à  la ronde
    Et satisfont beaucoup de monde
    Peut-on de vous et vos semblables
    Trouver action aussi louable ?
    Que nenni ! Et dussè - je encore
    Par quelques mots que j'édulcore
    Accroitre votre acrimonie
    Outre votre parcimonie
    J'ajoute que votre existence
    Et plus proche de la nuisance
    Qu'elle peut l’être du profit
    Car afin de faire vos réserves
    L'on peut voir si l'on  vous observe
    Que vous vous déplacez en masse
    Et que semblable à vos comparses
    Vous envahissez les logis
    Garde-manger, en colonies
    Et pour de vous se délivrer
     
    On se doit de pulvériser
    Mais je suis cigale pacifiste
    Et de surcroît je suis altruiste
    Si bien qu’ayant peu de pitance
    Si l’on me demande assistance
    Je suis prête à tout partager
     Point n'est besoin que d'être aisé 
    Pour faire oeuvre de charité !

     

    © Dominique


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    " MES  FABLES "

     

    Le Cheval et l' Ane !

     

     

     Le Cheval et l' Âne


    Un cheval vivait libre en pampa Argentine
    Il n’avait en ses courses croisé nul être humain  
    Nul ne l’avait monté et sa robe opaline
    Par quiconque ne fut effleurée de la main
    Il était vif et prompt, empli de véhémence
    Malheur à qui, de lui aurait eu l’imprudence
    Sinon par le regard de vouloir s' approcher 
    Fier et récalcitrant, tel était l’équidé
    Un jour durant ses courses sauvages et effrénées
    Il vit sur la colline un petit âne bâté
    Attaché à un pieu qui l’herbage broutait
    Il s’approcha de lui toujours caracolant
    Dans des bruits de galops et de hennissements
    L’âne très occupé par son frugal repas
    Ne leva pas la tête, ne le regarda pas
    L’étalon outragé par une telle offense
    S’adressa à l’ânon avec impertinence

    -Tu es si petit
    ! dit-il Et bien grosse et ta tête
    D’être ainsi attaché, tu me parait bien bête
    Et tes longues oreilles traînant  jusques à terre
    Il n’y a pas à dire, je ne pourrais m’y faire  ! 

    L’âne placidement s’arrêta de brouter 
    Et en un long braiement dit au bel indompté

    - Je n'suis pas très grand, par contre toi tu l’es 
    Tu galopes tout le jour, moi je suis attaché
    Tu as beaucoup d’allure, je manque de prestance 
    Tu es libre comme l'air, moi je gagne ma pitance
    En portant sur l’échine de très lourdes ânées
    C’est pour cela vois-tu que mon dos est bâté 
    Et bien que nous n'ayons aucune ressemblance
    Malgrè tes moqueries je loue mon ascendance  
    Car voilà deux milles ans un de mes congénères  
    Eut l’honneur de porter
     " L’ Enfant Dieu et sa Mère " 

     


    © Dominique

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