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    Colosséum

     

     

    Colosséum

     

    Commencé à l'époque où régna Vespasien
    Je ne fus achevé que vers l'an quatre vingt
    Et fus édifié sur les cendres de Rome
    A l'emplacement même, où se trouvait, de l'homme
    Du fou, devrais- je dire, du  parricide « Néron »
    L'imposante statue nommée « Colosséum 
    Qui  me valut de fait, de par son nom latin
    Celui qui désormais, est devenu le mien
    Comme j'aurais aimé, que mes pierres ne fissent
    Emerger du néant, ce terrible édifice
    On eût pu, avec elles, tout autant ériger
    Un temple ou un forum, je l'aurais préféré
    Des thermes, un aqueduc ou de belles  villas
    Mais pas ce lieu sinistre, qui ne vit que trépas
    Qui n'entendit que cris, clameurs, rugissements
    S'entrechoquer des armes, monter des hurlements
    Ceux d' innocents, livrés à des bêtes féroces
    Ceux d'hommes, s'affrontant en des luttes atroces
    Combien de Sécutors, de Samnites, de Rétiaires
    De Mirmillons, de Trhaces, de Scissors, de Belluaires
    Le sort  fît - il passer, de la vie au trépas

    Et  livrer dans l'arène, leur ultime combat
    Après qu'ils aient  du peuple, sollicité leur grâce 
    Mais la horde acharnée, sans détourner la face
    Sans aucune pitié, sans aucune clémence
    Baissa  alors le pouce et rendit sa sentence
    Car cette foule avide, violente et sanguinaire
    Ne fut  jamais repue du sang de tous ses frères
    Ne se priva jamais, d'un avilissement
    Pour combler son besoin de divertissement
    Vous ! qui un jour viendrez visiter  mes  vestiges
    Dans cet amphithéâtre, qui donne le vertige
    Ayez une pensée pour ceux qui sont tombés
    Au cœur de cette arène, à  jamais empourprée
    Et, si entre mes pierres disjointes, vous entendez
    Le bruissement du vent, je vous prie : Ecoutez !
    Il vous rapportera,  venu du fond des âges
    La  formule prononcée  avec tant de courage
    Ces mots tant répétés et que toujours j'entends
    Qui restent en  moi,  gravés en des lettres de sang :
                
    AVE CESAR, 

    MORITURI TE SALUTANT !
                                                                              

                                 

    ©  Dominique


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    LE  SILENCE

     

    Avez-vous donc un jour écouté le silence ?
    Question bien saugrenue, direz-vous, il se peut !
    Pourtant comme le bruit, il sait être nuisance
    S’il se trouve être profond et même, cotonneux
    J’ai constaté cela, un jour dans la montagne
    Alors que regardant, la Mer et le Maquis
    Pas un son, pas un bruit, naissait de la campagne
    J’eus soudain l’impression d’avoir perdu l’ouïe
    Le silence total, pas un vol dans l’éther
    Pas une feuille, un brin d’herbe, ne bougeant au parterre
    Si bien, qu’il me parût pendant un court instant
    Que s’était suspendu, stoppé, le cours du temps
    Et laissant librement ma pensée vagabonde
    Au gré de ma rêverie s’enfiévrer, s’enflammer
     Il me plut de pouvoir imaginer le monde
    Subitement aussi, avoir été figé
    Figés dans leur élan, leurs tâches coutumières
    Les pécheurs, commerçants et autres ménagères
    Boulangers et mitrons, pâtres et agriculteurs
    Les aiguilles des horloges ne marquant plus les heures
    L’espace d’un instant 
     Le temps volé au temps
    Voilà ce que forgea  ma rêverie intense
    Avec tout simplement, un moment de silence


    ©  Dominique


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                         L’ Olivier                   

     

    Mes Poèmes : L'OLIVIER

    Vénérable vieillard plusieurs fois séculaire
    Tu dresses dans les airs, tes branches tutélaires
    Avec cette arrogance que confère les ans
    Tu vois depuis des siècles s’écouler les saisons
    Et la verte parure que font tes frondaisons
    Abrites-en sa ramure, un flot de confidences
    Ta tête est toute pleine des rires et des chants
    Des belles de jadis en leurs atours de fête
    Grimpant sur tes rameaux pour faire la cueillette
    De tes fruits juteux et croquants
    Quand souffle le Mistral en de grandes bourrasques
    De la vallée des « Baux « jusques au « Garlaban »
    Il libère dans son souffle, quelques rires, quelques chants
    Et les emporte dans ses frasques
    Que sont-ils devenus tous ces tendres amants
    Qui ont au fil des siècles gravé avec leur dague
    En même temps qu’au doigt ils se passaient la bague
    Sur ton vieux tronc noueux, de si jolis serments
    Tu veilles sur les songes de cet homme harassé
    Goûtant sous ton ombrage, après un dur labeur
    Le sommeil bienfaisant et si réparateur
    Que le chant des cigales, a doucement bercé
    Témoin irréfutable, toi seul pourrait décrire
    Des époques passées, tout ce que tu as pu voir
    Ces scènes de la vie, empreintes en ton regard
    Si Dieu t’avait donné tous les mots pour le dire
    De tous les temps, tu fus symbole de sagesse
    Et par delà les âges, toujours fus vénéré
    Et tant qu’on laissera la colombe voler
    Elle tiendra dans son bec, un rameau d’Olivier

     

    ©  Dominique 

     

     

    C’est grâce à ce poème que j’obtins en juillet 2003  

     le titre  d’  « Académicienne de Provence » 

     

     

     

     


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    ALLEGORIE 

     

    Deux hommes se croisèrent au détour d’un chemin
    L’un  d'eux était âgé et par l’âge chenu
    Le visage ridé comme un vieux parchemin
    Il avait l’air  pressé et il trottait menu
    L’autre était tout jeunet, presque un adolescent
    Sa chevelure ambrée brillait dans la lumière
    Il toisa le vieil homme d’un air condescendant
    En poursuivant sa route l’allure primesautière
    Mais l’homme aux blancs cheveux l’interpella alors

    - Cessez-donc je vous prie de faire le mirliflor
    Vous me venez prier comme à votre habitude
    De quitter mes quartiers, arrogante  attitude

    - Je vous chasse il est vrai mais qu'à cela ne tienne
    Il me faudra quitter la place qui est mienne
    Car  je serai aussi par l'autre colocataire
    Chassé comme il se doit sans aucun commentaire
    Tout comme lui devra aussi céder sa place
    Au suivant qui toujours ici-bas le remplace
    Vous devriez ami, depuis le temps savoir
    Qu'à ces commutations nul de nous peut surseoir
    Elles sont immuables depuis la nuit des temps
    Vous avez nom HIVER je me nomme PRINTEMPS 

     

     © Dominique

     


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    Inspiration par l'image

      

     " Le  Badaud  de  Sarlat "

     

    Une Photo d'EGLANTINE

     

    Du haut de mon muret je domine la ville
    Cette cité Médiévale sise au creux d’un vallon
    Bordées par la Vézère, la Dordogne, les maisons
    De pierres aux éclats blonds que la lézarde habille
    Les toitures grises de lauzes ,les murs à colombages

    S’offrant à mes regards, composent mon voisinage
    Je demeure là, assis genoux sous les aisselles
    Les deux bras fendant l‘air comme de grandes ailes
    Passants  je vous regarde, comme vous me regardez
    Mais qui de vous ou moi par l’autre est étonné ?
    Je porte vêtements qui viennent d’un autre âge
    Mais sachez que les vôtres m’étonnent davantage
    Ni Vilains, ni Seigneurs portaient pareilles mises
    Vous avez braies bizarres et drôles de chemises
    Vous n’êtes point vêtus de chainses, de bliauds,
    Vous allez tête nue, sans hennin ni calot
    Et je suis stupéfait de voir les gentes dames
    Porter tuniques courtes et laisser voir leurs charmes
    Je vous bade il vrai, d’où le nom que je porte
    Et vous regardant vivre ma pensée me transporte
    A ce siècle d’alors où n’étant point statue
    Comme vous je marchais aussi le long des rues


     


    © Dominique

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