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    Le Fauteuil 

    Mes Poèmes : Le Fauteuil

     

    La jolie chambre d’hôtes de la gentilhommière
    Dans laquelle j’entrais baignait dans la lumière
    C’était une grande pièce, au mobilier ancien
    Un fauteuil à oreilles se trouvait dans un coin
      Recouvert de velours il m’offrait ses deux bras
    A cette douce invite, je ne résistais pas
    Harassée de fatigue causée par le voyage
    Je pris juste le temps de poser mes bagages
    Avant de prestement allez me laisser choir
    Mon oreille contre la sienne, mes mains sur l’accotoir
    Dans la chambre paisible troublée par aucun bruit
    Au creux de ce fauteuil je dois m’être endormie
    Car j’entendis bientôt une petite voix
    Qui là, à mon oreille, me murmurait cela

     

     - Merci que de m’avoir  au grand lit préféré
    Sur moi il y a longtemps que personne ne s’assied
    Je ne suis qu’un fauteuil que tout le monde ignore
    Je parais bien banal et me fonds au décor
    Mais voyez vous je suis un « Voltaire » séculaire
    Qui soutint le séant de nombreux dignitaires
    Celui de nobles dames, comme de petite vertu
    Et combien de propos ai-je donc entendu
    Je fus le spectateur de bien des discussions
    Les serments , confidences et autres collusions
    Puis vendu à l’encan à une épistolière
    Pour échouer plus tard chez un vieil antiquaire
    Et hélas ! Un matin me retrouver ici
    Où je ne suis rien d’autre, que voisin de ce lit
    Merci, merci à vous que de m’avoir choisi !

     

    Ai- je rêvé tout çà ou bien m’a-t-il parlé
    Qui donc pourrait le dire ?
    Seul le fauteuil le sait !

     

     

    © Dominique 


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  • Les Baisers
     
    Le tout premier baiser, nous l'avons oublié
    Ce fut pourtant de loin, le plus pur, le plus tendre
    Puisqu'il nous fut donné par Celle qui avait
    Su, pendant de longs mois, patiemment nous attendre
    Malgré son désir fou, de voir arriver l'heure
    Où Elle pourrait enfin, nous serrer sur son cœur
    Après ce doux baiser déposé par Maman
    Nous en connûmes d'autres, inévitablement
    Jalonnant notre vie, de la petite enfance
    Nous guidant jusqu'au seuil de notre adolescence
    Où ces baisers filiaux, familiaux, fraternels
    Cédèrent le pas à d'autres, bien moins conventionnels
    Des baisers innocents, des premières amourettes
    Ceux que l'on se donnait, un peu à la sauvette
    A d’autres, par trop troublants, de nos premiers émois
    Jusqu'à ceux  échangés "La toute première fois" !
    Mais il y eut aussi, pour certains d'entre nous
    Celui qu'on crut sincère mais n' l'était pas du tout
    Qu'il fut baiser d'ami, qu'il fut baiser d'amant
    Mais qui nous a pourtant, trahis pareillement
    Tandis qu'on nous l'offrait, comme on offre un cadeau
    Dans notre échine entrait, la lame d'un couteau
    Car, qui donc dans sa vie, jamais ne s'indigna
    De ce qu'on nomme encor, « Le Baiser de Judas »
     
    Puis il y aura un jour, le tout dernier baiser
    Dont on ne sait par qui, il nous sera donné
    Qui nous incitera à trouver le courage
    Que de pouvoir partir pour l'ultime voyage
    Baiser, auquel sera octroyé le pouvoir
    De nous aider enfin, à franchir le miroir
     
    © Dominique  

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    L'Innocence et L' Infamie !

     

     

     

     

    Vous qui sur des gradins venez -vous délecter
    De ce combat que  livre en toute iniquité
    Un paltoquet  vêtu de l' habit de lumière
    Qui croit qu'il lui  suffit d'adresser une prière
    Dans laquelle il demande à la « Vierge Marie »
    Dans cet affrontement, de protéger sa vie
    Pour s'octroyer au nom, d'un divertissement
    Le droit d'ôter la sienne, à un être innocent
    Qui ne demandait rien, que de fouler la terre
    Courant, impétueux et libre comme l'air
    Dans de vastes étendues, les naseaux écumants
    Humant  l'air parfumé que lui offrait le vent
    Et que des hommes abjects, sans aucun état d'âme
    Sont venus capturer. Les ignobles ! Les infâmes !
    Le privant de ce bien qu'était la « Liberté »
    Pour le vouer dès lors à sa triste destinée
    Celle, de devenir, objet d' amusements
    D'une foule cruelle, faite  de milliers de gens
    Attendant impatients, cette boucherie atroce
    Où un cuistre s'attaque à un taureau sans force
    Après  qu'il ait subi, d' hommes lâches et vils
    Tant de persécutions, dans l'ombre du Toril
    Duquel on le propulse vers la horde en délire
    Qui le trouble, le surprend, par ses cris, par ses rires
    Qu'il entend mais ne voit, tant il est ébloui
    Par l'éclat du soleil, contrastant à sa nuit
    Et lorsqu'il aperçoit l'écarlate « Muleta »
    La croyant ennemie, vers elle , la pauvre bête
    Charge innocemment, l'affronte et la combat
    Sans savoir que de l'homme, lui  viendra le trépas
    Avant qu'il ait  compris qu'il combattait un leurre
    De sa mort annoncée, la trompette sonne l'heure
    Le bellâtre costumé,  n' as que très peu de temps
    Pour donner l'Estocade , s'il veut vivre longtemps !
    Et s'il n'y parvient pas dans le temps imparti
    Il doit se retirer sous les cris, les lazzis...
    Malgré ce, on tuera l' Animal qui est vainqueur
    Toute cette barbarie me soulève le cœur
    Si dans ces répugnantes, sordides corridas
    Au matador vainqueur on accorde le  droit
    D 'avoir de l'adversaire les oreilles et la queue
    Je voudrais qu'il puisse être, par devoir d'équité
    Au taureau valeureux, lorsqu'il les a gagnés
    Remis du Matador,  d'identiques trophées
     

     

     

    © Dominique


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    La Vieille Dame                                           

     

     

    L’aurore vient de poindre étendant sur la ville son diaphane manteau

    Tout est teinté de rose et le vent du Nord souffle pour guider son troupeau

    La vieille dame fixe en s’en user les yeux, le divin paysage

    Elle veut à tout jamais dans sa pauvre mémoire en conserver l’image

    Combien de fois déjà, a-t-elle contemplé le matin se lever

    Pourquoi donc aujourd’hui trouve-t-elle à cela tant de beauté ?

    Elle ouvre les fenêtres laissant l’air du matin caresser son visage

    Et sécher sur ses joues les traces que le chagrin laisse dans son sillage

    Si elle a tant de peine c’est qu’aujourd’hui elle quitte le toit qui fut le sien

    Pour laisser au destin, accomplir jusqu’au bout, ses funestes desseins

    Elle, à qui jamais la vie ne fit de cadeaux

    N’en fut pas moins chargée du poids de ses fardeaux

    Elle a peu demandé : Pouvoir finir sa vie dans sa pauvre maison !

    Mais c’était trop encor et voilà qu’on l’enferme au nom de la raison

    C’est beaucoup plus normal ! A dit son entourage

    Qu’elle côtoie enfin un monde se son age

    Mais lui a-t-on vraiment demandé son avis

    Et si on l’avait fait s’en serait-on servi ?

    S’il est vrai que l’on revoit sa vie en passant le miroir

    Jamais  ce ne sera si net qu’en ce mouroir

    Qui donc aurait pu dire à part un «Haruspice»

    Que ses derniers instants finiraient à l’hospice

    Les yeux noyés de larmes elle se revoit enfant

    Faisant tant de projets auprès de ses parents

    Elle perçoit les voix des fêtes en famille

    Et revoit dans un coin cette petite fille

    Qui serre sur son cœur la nouvelle poupée

    Que le Père Noël vient de lui apporter

    Comme pour les saisir elle murmure tout bas

    Ombres chères ne m’abandonnez pas !

    Revenez tous les jours partager ces instants

    Que l’on m’oblige à vivre en attendant le temps

    Où vous viendrez alors ensemble me chercher

    Pour que nous puissions tous enfin nous retrouver

     

                                         ©  Dominique BONAVITA

     


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     Dis Grand-Père !

     

    - Quand elle tombe du ciel où donc s'en va la pluie
    Grand -Père ?

     

    - Elle fait grandir les fleurs, s'accroître les ruisseaux et s'enfler les rivières

     

    - Quand les feuilles d' Automne se détachent des arbres, où s'en vont-elles
    Grand -Père ?

     

    - Le grand vent les emporte, ou elles  deviennent humus fertilisant la terre 

     

    - Que deviendra l' enfant que je suis aujourd'hui, lorsque je serai grand
     Grand - Père ? 
     

    - Il restera caché  tout au fond de ton cœur  et te  rappellera, s'il en était besoin
    Des jours comme celui-ci, devenus très lointains

     

     - Quand tu fermes tes paupières mais que tu ne dors pas,  dis ! Où t'en vas -tu
      Grand- Père ?

     

     -Je pars  vers ce pays que je ne connais pas, mais où je sais fort bien, que m'y  attend Grand- Mère !

     

     - Mais où se trouve-t-il  ce pays dont tu parles, des larmes  pleins  les yeux
    Grand- Père ?

       

    - Il se trouve mon Petit, dans un monde meilleur aux confins de la terre !

     

    - Et quand tu partiras, vers ce monde meilleur
    est - ce que je pourrai, t'accompagner
    Grand- Père ?

          

     - Tu ne le pourras point et ne le devras pas, car ta place est ici avec  tes sœurs , tes frères !

     

    - De ce voyage là, quand tu nous reviendras, dis : Surtout, n'oublie pas de ramener
    Grand- Mère !


     

    - Mon Petit ! Ce pays  nous retient pour toujours
    Mais il n'empêche pas que perdure l'amour
        Et quand ce jour viendra,  fais moi une promesse 
     Celle de ne jamais sombrer dans la tristesse
      Si parfois je te manque, pense très fort à moi
    Et Comme  l' « Oiseau Bleu », je serais près de toi !     
                   



    © Dominique

     

     

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