•     

    CE MEUBLE !

     

    Je suis meuble possédant diverses formes et tailles
    A mes balbutiements je n’étais que de paille
    Ulysse me tailla dans un tronc d’olivier
    Il n’aurait pu le faire dans un palétuvier
    Je fus nommé Lectus dans la Rome dite antique
    Mais devins par la suite beaucoup plus romantique
    Sous Louis XV l’on dit que je suis  en corbeille
    L’on me pare de brocard et de soie nid d’abeille
    De tout temps je perçus de la jeune épousée
    Ce grand trouble inhérent à la « Chose » ignorée
    Spectateur malgré moi de ces corps qui s’étreignent
    Et qui dans le plaisir à la morale enfreignent
    Je suis témoin muet de la parturiente
    De ses cris de douleurs à l’heure où elle enfante
    Tout autant que celui de ce vagissement
    Le tout premier que pousse à la vie un enfant
    On m’attribue moult noms, l’on me dénomme cage
    Lorsque je suis celui d’un enfant en bas-âge
    Quand je suis de douleurs, l’on dit que je suis blanc
    Et dans un corps de garde je me nomme de camp
    Si à moi un semblable s’emboite sans vergogne
    On me désigne alors sous le nom de gigogne
    Sans pour le moins du monde vouloir vous offenser
    Par toutes les épithètes que je vous aie données
    Je termine en disant pour clore celles-ci
    Qu'en moi l’on Nait, l’on Aime et l’on Finit sa Vie
    C’est sur moi que l’on dort car mon nom est : Le LIT !

     

     © Dominique

     


    12 commentaires
  • Les Baisers
     
    Le tout premier baiser, nous l'avons oublié
    Ce fut pourtant de loin, le plus pur, le plus tendre
    Puisqu'il nous fut donné par Celle qui avait
    Su, pendant de longs mois, patiemment nous attendre
    Malgré son désir fou, de voir arriver l'heure
    Où Elle pourrait enfin, nous serrer sur son cœur
    Après ce doux baiser déposé par Maman
    Nous en connûmes d'autres, inévitablement
    Jalonnant notre vie, de la petite enfance
    Nous guidant jusqu'au seuil de notre adolescence
    Où ces baisers filiaux, familiaux, fraternels
    Cédèrent le pas à d'autres, bien moins conventionnels
    Des baisers innocents, des premières amourettes
    Ceux que l'on se donnait, un peu à la sauvette
    A d’autres, par trop troublants, de nos premiers émois
    Jusqu'à ceux  échangés "La toute première fois" !
    Mais il y eut aussi, pour certains d'entre nous
    Celui qu'on crut sincère mais n' l'était pas du tout
    Qu'il fut baiser d'ami, qu'il fut baiser d'amant
    Mais qui nous a pourtant, trahis pareillement
    Tandis qu'on nous l'offrait, comme on offre un cadeau
    Dans notre échine entrait, la lame d'un couteau
    Car, qui donc dans sa vie, jamais ne s'indigna
    De ce qu'on nomme encor, « Le Baiser de Judas »
     
    Puis il y aura un jour, le tout dernier baiser
    Dont on ne sait par qui, il nous sera donné
    Qui nous incitera à trouver le courage
    Que de pouvoir partir pour l'ultime voyage
    Baiser, auquel sera octroyé le pouvoir
    De nous aider enfin, à franchir le miroir
     
     
    31 août 2006
    © Dominique  

    5 commentaires
  •  

     Dis Grand-Père !

     

    - Quand elle tombe du ciel où donc s'en va la pluie
    Grand -Père ?

    Elle fait grandir les fleurs, s'accroître les ruisseaux et s'enfler les rivières

    - Quand les feuilles d' Automne se détachent des arbres, où s'en vont-elles
     Grand -Père ?

    Le grand vent les emporte, ou elles  deviennent humus fertilisant la terre 

    - Que deviendra l' enfant que je suis aujourd'hui, lorsque je serai grand
        Grand- Père ? 
    Il restera caché  tout au fond de ton cœur  et te  rappellera, s'il en était besoin
    Des jours comme celui-ci, devenus très lointains
     
     - Quand tu fermes tes paupières mais que tu ne dors pas,  dis ! où t'en vas -tu
       Grand- Père ?

     Je pars  vers ce pays que je ne connais pas, mais où je sais fort bien, que m'y  attend Grand- Mère !

     - Mais où se trouve-t-il  ce pays dont tu parles, des larmes  pleins  les yeux
       Grand- Père ?

    Il se trouve mon Petit, dans un monde meilleur aux confins de la terre !

     - Et quand tu partiras, vers ce monde meilleur,
    est - ce que je pourrai, t'accompagner
          Grand- Père ?

     Tu ne le pourras point et ne le devras pas, car ta place est ici avec  tes sœurs , tes frères !

    - De ce voyage là, quand tu nous reviendras, dis : Surtout, n'oublie pas de ramener
    Grand- Mère !

     

    Mon Petit ! Ce pays  nous retient pour toujours     
    Mais il n'empêche pas que perdure l'amour    
       Et quand ce jour viendra,  fais moi une promesse !
      Celle de ne jamais, sombrer dans la tristesse
      Si parfois je te manque, pense très fort à moi
      
    Et Comme l' « Oiseau Bleu », je serais près de toi !

                                   

    25 septembre 2006

    ©Dominique

    2 commentaires
  •  

    Portrait de Gérard de Nerval

    Gérard de Nerval (1808-1855)

     

    MONSIEUR DE NERVAL

     

    Monsieur de Nerval

    Lorsque j’appris de vous ce si joli poème

    Que vous avez nommé joliment « Fantaisie »

    J’étais encore bien jeune quelque huit ans à peine

    Mais il s’est depuis lors encré en mon esprit

    Je n’ai rien oublié pas un vers, un vocable

    De ces mots aux accents de la mélancolie

    Du château, des vitraux, du coteau agréable

    De la dame aux yeux noirs que dans une autre vie

    Vous pensiez  avoir vu et croyiez reconnaitre

    Dans ses habits anciens à sa haute fenêtre

    Dans vos décasyllabes vos tournures de phrases

    Il est certes des mots qu’une petite enfant

    Quand bien même ils sont riches et sans aucune emphase

    A peine à concevoir la teneur et le sens

    Mais je me vis bercée par  l’unité du rythme

    La mesure des stances, la cadence des mots

    Dans ce havre de paix édifié par vos rimes

    J’aime venir gouter la paix et le repos

     

    © Dominique

     


    8 commentaires
  •  

    Quels sont ces yeux ?

     

    Mes poèmes : Quels sont ces yeux ?

     

    Quels sont ses yeux qui me regardent
    Comme s’ils ne m’avaient jamais vue
    Cette face qui m’est inconnue
    D’une insipidité blafarde
    Il me semble de cette femme
    Pourtant me souvenir des traits
    Sous l’ovale de son visage
    Cependant loin d’être parfait
    Et son pâle et triste sourire
    Me rappelle en un bref instant
    Cet autre gai et facétieux
    Qui découvrait de blanches dents
    Son bras s’avance à me toucher
    Tandis que je sens sous ma main
    Le lustre brillant et glacé
    De mon vieux miroir Vénitien 

     

    © Dominique

     

     


    6 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique